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Faits divers – Justice

Toulouse : le procès hors-norme d'une affaire hors-norme

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Par , France Bleu Occitanie

Le procès des agresseurs présumés de Christian Bec, l'homme d'affaires toulousain enlevé, séquestré et volé en 2015 s'est ouvert, dans une drôle d'ambiance, ce lundi devant la cour d'assises de Bordeaux.

La cour d'assises de Bordeaux examine cette affaire pendant une dizaine de jours.
La cour d'assises de Bordeaux examine cette affaire pendant une dizaine de jours. © Radio France - Magalie Lacombe

Toulouse, France

L'audience commence d'abord par une suspension, pour refus de comparaître de l'un des accusés. François Décline refuse de se présenter dans le box. Résultat :  la convocation obligatoire selon la loi, d'un huissier pour faire constater ce refus avant que les débats ne puissent enfin démarrer.  

Dès le début, Christian Bec se montre soucieux. Assis aux côtés de sa compagne, au premier rang, l'agriculteur céréalier fortuné installé à Escalquens (31) appréhende, c'est perceptible, de croiser le regard de ses ravisseurs présumés. Il souffle, comme pour se donner du courage. Son amie sert sa main pour le soutenir. Il n'a réellement été confronté qu'à Alain Raspaut, présenté comme le cerveau, pendant l'instruction. Les autres, il ne les a vus qu'en photo et se réjouit, même d'ailleurs, de ne pas les voir distinctement à cause d'un poteau qui bouche la vue dans le box.

Il souffre d'un syndrome de stress post-traumatique

Lui qui a été retenu pendant sept semaines, entre mai et juillet 2015, dans des conditions de torture psychologique, enchaîné à un radiateur, transporté de planque en planque dans le coffre d'une voiture, obligé de faire croire à tout le monde qu'il était en vacances et contraint d'ouvrir des comptes bancaires à l'étranger, d'acheter de l'or ou encore de faire des virements qui devaient profiter à ses ravisseurs.

Les premières constatations font état d'un syndrome de stress post traumatique dont il souffre encore aujourd'hui. A la limite du syndrome de Stockholm disent les experts (qui consiste à avoir de l'empathie pour son ravisseur). A l'époque, il attend plusieurs jours avant d'aller porter plainte. Il cache même la vérité à sa compagne, dans un premier temps avant de lui faire promettre de ne rien dire à personne. C'est son banquier qui  donne l'alerte. 

La version du coup monté

En septembre 2015, quatre hommes sont interpellés en Espagne et un cinquième à Toulouse. Ils ne sont plus que trois dans le box. A la tête de l'équipe, Alain Raspaut est présenté comme le cerveau de la bande. Lui a une toute autre version de l'histoire. Il prétend avoir sympathisé avec Christian Bec, avant que celui-ci ne lui demande de simuler un enlèvement et des transferts de fonds pour l'aider à récupérer d'importantes sommes d'argent en liquide contre une petite rétribution.

Si j'organise un enlèvement, je ne laisse pas autant de traces derrière moi et devant moi - Maître Edouard Martial, l'avocat d'Alain Raspaut

Comparaît également le frère d'Alain Raspaut, Bruno. Il est libre sous contrôle judiciaire. Il est accusé d'avoir dissimulé une partie du butin dans son jardin : un peu plus de neuf kilogrammes de pièces d'or retrouvées un an et demi après l'enlèvement. Il risque 10 ans de prison alors que les trois autres encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Le verdict est attendu jeudi 27 juin.