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Faits divers – Justice DOSSIER : Le procès AZF

Toulouse : les victimes d'AZF attendent la décision de la justice dans le 3ème procès

lundi 30 octobre 2017 à 18:18 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

Les victimes d'AZF seront fixées ce mardi. La cour d'appel de Paris doit rendre sa décision à 13h30 dans le troisième procès de la catastrophe. Mais l'événement ne sera pas retransmis en direct à Toulouse.

Le verdict est attendu à 13h30
Le verdict est attendu à 13h30 © Radio France - Vanessa Marguet

Toulouse, France

La cour d'appel de Paris doit rendre son jugement ce mardi dans le troisième procès de la catastrophe AZF, 16 ans après l'explosion de l'usine chimique qui a fait 31 morts et des milliers de blessés, le 21 septembre 2001 à Toulouse. Ce procès en appel a duré quatre mois du 24 janvier au 24 mai à Paris, devant une chambre spécialisée dans les accidents collectifs et n'a pas été marqué par de grandes révélations. Les juges se sont depuis retirés pour délibérer et pour dire si ou ou non, ils déclarent coupables l'ancien directeur de l'usine Serge Biechlin et la société Grande Paroisse, la filiale du groupe Total qui exploitait l'usine.

3 ans de prison avec sursis et de lourdes amendes requises

A la fin de l'audience, le parquet général avait requis 3 ans de prison avec sursis contre Serge Biechlin pour homicide involontaire et 45 000 euros d'amende. Il avait également requis 225 000 euros à l'encontre de la société Grande Paroisse, le montant maximum prévu, celui auquel cette filiale de Total a été condamnée en 2012 lors du précédent procès en appel, avant que celui-ci ne soit annulé par la Cour de Cassation.

A l'époque, Serge Biechlin avait écopé de 3 ans de prison dont un ferme Cette fois-ci le parquet général n'a demandé que du sursis à cause du "délai déraisonnable" - presque 16 ans entre les faits et le procès - qui doit profiter aux prévenus. Mais les deux avocats généraux ont été clairs sur le fond lors de leurs réquisitions: pour eux, l'explosion est bien due à un mélange accidentel de produits causé par des "fautes lourdes" dans la gestion de l'usine. L'un d'eux a évoqué une "sous-traitance non maîtrisée" et le déversement de "produits incertains" sur du nitrate d’ammonium qui n'était pas stocké dans de bonnes conditions. Le magistrat a même comparé le hangar 221 où l'explosion a eu lieu à "un bus aux pneus lisses, en descente, un jour de pluie et ne respectant pas les distances de sécurité".

Des arguments balayés par la défense, pour qui il n'y a "pas de preuves". La défense, tout au long du procès, a présenté d'autres pistes que celui de l'accident chimique dû à une série de négligences, comme l'acte terroriste, la météorite ou la piste non étudiée lors de l'enquête d'une explosion liée à des résidus de nitrocellulose dans le sol. Maître Soulez- Larivière, l'un des avocats de Grande Paroisse avait expliqué lors de sa plaidoirie : "l'ordre public exige qu'on ne condamne pas les gens sans preuve". Il avait demandé la relaxe, ce qui avait été décidé par le tribunal correctionnel de Toulouse, à l'issue du premier procès en 2009.

La cour va également se prononcer sur la "citation directe" de Total, la maison mère de Grande Paroisse dont l'ombre a plané pendant tout le procès mais qui n'était pas sur le banc des prévenus. Le parquet général a estimé dans son réquisitoire que cette "citation directe" demandée par plusieurs parties civiles était "légitime", mais qu'elle butait sur des obstacles juridiques.

Pas de retransmission à Toulouse

Les victimes attendent avec impatience et souvent avec la boule au ventre la décision de la cour d'appel de Paris sur toutes ces questions. Certaines vont faire le déplacement à Paris aux côtés des avocats pour entendre le jugement. Elles devraient être au moins une trentaine : des membres de l'association des familles endeuillées, de l'association des sinistrés du 21 septembre, du collectif "Plus jamais ça" et également des anciens salariés de l'usine réunis dans l'association "Mémoire et Solidarité".

Contrairement au procès, le rendu du jugement lui ne sera pas retransmis en direct et pour les victimes qui ne feront pas le déplacement à Paris, plusieurs rassemblements sont prévus à Toulouse : la mairie a prêté une local sur le site AZF à l'association des sinistrés du 21 septembre, pour que les victimes puissent se retrouver ensemble au moment où la décision tombera. La présidente Pauline Miranda espère qu'un "maximum de Toulousains s'y rassembleront". Les membres du collectif "Plus jamais ça" eux se rendront sur le rond point du 21 septembre, au début de l'avenue de Muret et les anciens salariés d'AZF de l'association "Mémoire et Solidarité" se réuniront dans leur local, sur le site AZF, à quelques pas de la salle prêtée par la mairie aux autres associations. 16 ans après l'explosion et après 3 procès, les positions et les divisions sont toujours aussi marquées entre les associations de victimes et de sinistrés.