Faits divers – Justice

Toulouse : "Moi handicapé moteur, j’attaque la SNCF pour discrimination"

Par Stéphane Garcia, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 16 janvier 2017 à 5:30

Depuis sa naissance, Kévin est atteint du syndrome de Little, une affection neurologique qui l’empêche de conserver son équilibre.
Depuis sa naissance, Kévin est atteint du syndrome de Little, une affection neurologique qui l’empêche de conserver son équilibre. © Radio France - Stéphane Garcia

Kévin Fermine, un jeune étudiant toulousain handicapé de 25 ans, dépose plainte contre la SNCF. Il paie le même prix que les autres passagers et voyage dans des conditions souvent indignes.

Toilettes inaccessibles ou wagon restaurant inatteignable en fauteuil roulant, il ne dispose pas des mêmes possibilités que les autres usagers. Il a donc décidé d’assigner la SNCF pour discrimination. Kévin Fermine a 25 ans. Il est étudiant en première année droit à Toulouse. C’est un usager régulier du chemin de fer.

Un parcours du combattant

Dans le cadre de ses études, de sa vie associative et de ses loisirs, ce jeune homme handicapé moteur qui se déplace en fauteuil électrique avec un chien d'assistance, considère que la plupart des trains ne sont pas adaptés aux personnes en situation de handicap. "En général, je suis placé au milieu du passage empêchant la circulation des autres passagers, qui du coup sont obligé de m’enjamber. De plus, très souvent je ne pas accéder aux toilettes, difficile d’accès et trop étroites pour mon fauteuil. Sans compter la durée des voyages. Lorsque je fais un Toulouse-Paris, je suis forcé de me retenir pendant presque 6 heures, s'il n'y a pas de retard. Dans les TGV, je ne peux pas utiliser le service de restauration qui se trouve dans un autre wagon. Et le pire ce sont les « boutons d'assistance » qui sont très souvent désactivés. Au final c’est énormément de stress et de problèmes. Pourtant, nous personnes handicapées, on paie nos billets au même prix que les autres voyageurs."

Kévin : "Je suis placé au milieu du passage empêchant la circulation des autres passagers, qui du coup sont obligé de m’enjamber..."

Kévin : "C'est tellement compliqué que j'en suis venu à m'uriner dessus"

Plus de considération

Kévin : "Ce soir de juin 2016 où je me fais dessus, je me sens seul, devant tous les autres usagers... C'est dégradant pour son image."

En juin 2016, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Lors d’un voyage dans un Intercité entre Montpellier et Toulouse, à 22 heures, il s’urine dessus. "Je me suis retrouvé seul, humilié, avec un bagage en main et un chien en laisse, devant tous les autres passagers. Ça dégage une odeur et ça se voit. Ça coule partout sur mon fauteuil… A ce moment-là j’ai même envie de pleuré." La coupe est pleine. Il décidé d’écrire plusieurs fois à la SNCF, et reçoit des lettres types, conventionnelles. C’est à ce moment qu’il décide d’entamer les démarches pour trouver un avocat. Plusieurs mois plus tard, il dépose plainte auprès du procureur de la République de Toulouse pour discrimination. Lui et son avocat (Maître Nakache) viennent également de saisir le tribunal administratif pour demander des dommages et intérêts.

De son côté, la direction régionale de la SNCF ne souhaite pas faire de commentaires sur le cas précis de Kévin. Elle indique toutefois qu’au plan national un Schéma directeur d’accessibilité a été signé en concertation. Il vise à améliorer l’accès de 160 arrêts ferroviaires, dont Matabiau… d’ici 2024.