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Faits divers – Justice

Toulouse : "pas assez efféminé", sa première plainte pour agression homophobe n'est pas qualifiée comme il le souhaite

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Un jeune Toulousain a voulu porter plainte après une agression qu'il juge homophobe. Dans un premier temps, le commissariat n'a pas voulu prendre en compte cette dimension. Il faudra un buzz sur les réseaux sociaux pour que la police convoque à nouveau le jeune homme.

Plus de 230 agressions homophobes ont été recensées en France en 2018.
Plus de 230 agressions homophobes ont été recensées en France en 2018. © Maxppp - Vincent Isore

Toulouse, France

Le week-end du 21 septembre, à Toulouse, Corentin* est victime d'une agression en pleine rue et en pleine journée. Il est bousculé par un passant qui le traite aussitôt de "PD", le menace de mort.  Le jeune Toulousain marqué par la violence de l'échange (la compagne de l'agresseur lui aurait évité des coups en s'interposant selon lui) se rend au commissariat pour porter plainte.  

Un message sur les réseaux sociaux a changé la donne

La plainte est prise mais l'agent ne veut pas mentionner le caractère homophobe, motif invoqué : Corentin "n'a pas l'air" homosexuel.  

"L'agent m'a dit que je ne faisais pas homosexuel, que je n'avais pas les talons, les boucles d'oreilles et que je n'étais pas maniéré, je faisais assez masculin. J'étais caractérisé en mode hétéro. Sauf que je ne demandais pas une étiquette sur ma sexualité, je sais ce que je suis et je l'assume pleinement. Sur le coup je ne savais pas quoi faire, j'étais triste et en colère et j'avais l'impression d'être pris pour un con..."

Corentin et un ami postent chacun un message pour marquer leur étonnement sur la messagerie Twitter. Le message devient viral, le commissariat de Toulouse rappelle le jeune homme pour avoir des explications. Corentin a donc redéposé plainte ce lundi. Sans souci de polémiquer avec la volonté d'être compris. 

"Tout ce que je veux c'est que les policiers soient formés et puissent recevoir des personnes qui ont subi ces agressions parce que c'est grave et ça arrive de plus en plus j'ai l'impression. Je ne dis pas que les policiers sont homophobes mais on peut tomber sur des personnes qui ne sont pas hyper ouvertes sur ce sujet-là et c'est un souci. Si on n'ose pas poser la question de l'homosexualité la plainte ne sera pas caractérisée pour ce qu'elle est!"

Des dispositifs d'alerte et de prise en charge se mettent en place

L'an dernier déjà à Périgueux ou en début d'année à Lille, des homosexuels ont dénoncé un accueil ou une écoute inadaptés au moment de porter plainte. Comme pour les femmes victimes de violences conjugales ou de viol, commissariat et gendarmerie ont décidé de traiter le problème.

À Toulouse , la police forme petit à petit ses personnels, des référents discriminations seraient aussi désignés (contacté ce lundi, le commissariat n'a pas pu répondre à nos sollicitations). Le parquet de Toulouse a créé un groupe local de traitement des faits de racisme antisémitisme et discrimination. Plusieurs associations participent à cette instance dont le but est de faire remonter les dossiers d'agressions comme les problèmes lors de dépôt de plainte. Un vice-procureur est dédié à ce groupe local pour un meilleur traitement et une prise en charge systématique des victimes si elles le souhaitent.

*Le prénom a été changé

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