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Toulouse - Procès Bouchon : huit ans après, le témoin-clé a bien du mal à se souvenir

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Occitanie, France Bleu

Nicolas Gelis est le témoin qui a permis d’établir le portrait-robot et conduit à la mise en cause de l’accusé. Mais ce mardi pendant plus de deux heures, le jeune homme "n’a pas le souvenir" de grand chose.

La cour d'assises de Haute-Garonne où le procès doit durer jusqu'au 29 mars.
La cour d'assises de Haute-Garonne où le procès doit durer jusqu'au 29 mars. © Radio France - Stéphanie Mora

Au moment où il manque de percuter une voiture ce mardi matin du 14 février 2011, vers 4h30, Nicolas Gelis a 21 ans. Il est embauché depuis un mois comme chauffeur livreur à Montauban. Il emprunte cet itinéraire depuis peu et ce matin là, il est en retard. Sa mère le pousse à aller voir les gendarmes cinq jours plus tard. "Je ne suivais pas la presse" explique-t-il.

Mais huit ans après, ce presque trentenaire, chauve (suite à un choc émotionnel selon un enquêteur) et portant de petites lunettes, se tient à la barre en toute simplicité et ponctue presque toutes ses déclarations de "je crois", "il me semble", "j’ai plus la mémoire", "c’est impossible de se souvenir comme ça" ou "si je l’ai dit c’est que c’est vrai". Nicolas Gelis est aujourd’hui éducateur sportif. Il sourit, répond parfois légèrement comme s'il ne prenait pas conscience de l’enjeu, de la fonction des personnes face à lui. Nicolas Gelis n’a pas les codes et il le dit : "faut que je réponde? Non parce que je connais pas la procédure!" Quand l’avocat général l’interroge, Nicolas Gelis reprend systématiquement : "C’est une question ? " Les jurés finissent par en sourire.

Des dépositions qui évoluent trop 

Nicolas Gelis est formel dès le 19 février 2011 : il a croisé une Clio première génération "de couleur claire, blanche" dit-il à la barre mais que ce soit pour l’heure, la lumière dans le véhicule, sa couleur précise ou l’établissement du portrait-robot du conducteur, Nicolas Gelis ne se souvient quasiment de rien. Même pas qu’il avait insisté lors d’une de ses cinq auditions sur le "regard bizarre" du conducteur. Il en sourit, s’en excuse. Pierre Debuisson lui rappelle que son client, l’accusé, risque 30 ans de prison. "J’y suis pour rien".

L’avocat général comme les défenseurs de Laurent Dejean pointent les points sur lesquels il a changé ses propos au fil du temps. Jusqu’à parler d’un plafonnier allumé pour la première fois en 2015, "à la surprise du juge d’instruction" glisse l’avocat général.

Me Guy Debuisson, l'un des avocats de la défense. - Radio France
Me Guy Debuisson, l'un des avocats de la défense. © Radio France - Stéphanie Mora

Cette évolution au fil des dépositions nous fait penser que Nicolas Gelis a été influencé, c’est grave ! — Me Guy Debuisson

Les conseils de Laurent Dejean s’étonnent aussi que le témoin-clé n’a pas reconnu Laurent Dejean sur photo alors qu’il dit le reconnaître "à 90%" lors de la reconstitution. Au bout de quasiment trois heures d’audition, Nicolas Gelis quitte la salle. Personne ne lui a demandé s’il reconnaissait aujourd’hui Laurent Dejean comme le conducteur de la Clio.

L'entourage professionnel raconte le salarié Laurent Dejean

Dans l'après-midi, l'entourage professionnel de Laurent Dejean s'est succédé à la barre : ses collègues de travail, son patron dans l'entreprise du bâtiment de Bouloc qui l'employait depuis près d'un an. Certains l'avaient reconnu sur le portrait-robot diffusé à l'époque. Là encore malgré des trous de mémoire, la plupart décrivent un garçon impulsif, colérique, solitaire, parfois absent sans raison. En revanche, personne n'a été en capacité de dire si Laurent Dejean est venu travailler le matin du meurtre.  Le plaquiste posera, neuf jours plus tard, un arrêt maladie de près d'un mois. En juillet, il demande à son patron de le licencier.

Le patron de Laurent Dejean raconte pourquoi l'accusé a demandé son licenciement quelques mois après le meurtre.

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