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Faits divers - Justice

Toulouse - Procès du meurtre de la joggeuse de Bouloc : la rude journée de la famille Bouchon

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Le procès du meurtre de Patricia Bouchon a débuté ce jeudi devant les assises de la Haute-Garonne. Entre les premiers mots du suspect, Laurent Dejean, et la remise en cause du travail des enquêteurs par la défense et l'avocat général, la famille Bouchon ne s'est pas sentie soutenue.

Carlyne la fille, Christian l'époux et Sandra la soeur de Patricia Bouchon ont vécu cette journée soudés.
Carlyne la fille, Christian l'époux et Sandra la soeur de Patricia Bouchon ont vécu cette journée soudés. © Radio France - Stéphanie Mora

Toulouse, France

Ils sont arrivés ensemble : Carlyne la fille, Christian le mari, la mère, la sœur et le frère de Patricia Bouchon. Une famille unie un peu nerveuse devant les micros et des caméras. Cette unité contraste avec la défense. Entré dans le box avec une heure de retard à cause du mouvement des gardiens de prison, Laurent Dejean ne compte aucun proche dans la salle. Le procès de l'affaire de la joggeuse de Bouloc s'est ouvert dans une ambiance de suspicion à l'égard de l'enquête qui a surpris la partie civile.

Les premiers mots de Laurent Dejean 

"On a besoin qu'il parle pour ma mère, pour nous tous. On a besoin... [NDLR : sa voix s'éraille] On a besoin pour clôturer ce drame", explique Carlyne Bouchon. Une fois les faits exposés, le président de la cour demande à l'accusé sa "position" par rapport à ce qui a été énoncé. Laurent Dejean se lève.

Un homme assez corpulent, brun, cheveux court, rasé de près. Il est vêtu d'un gilet en laine, une chemise à carreaux et d'un jean. Les sourcils froncés en permanence, il lâche des mots rapides et saccadés : "C'est un procès sensible. J'aurais aimé avoir un non-lieu. J'ai une Clio..." Le président l'interrompt ; il ne veut pas rentrer dans les détails. Alors Laurent Dejean conclut : "Je suis incarcéré depuis quatre ans pour rien. Je ne vais pas beaucoup parler."

"Je suis incarcéré depuis quatre ans pour rien. Je ne vais pas beaucoup parler." Laurent Dejean l'accusé.

Son avocat Me Guy Debuisson insiste : Laurent Dejean est hospitalisé depuis deux semaines : "Il subit un traitement lourd et ça ne doit pas être de la chlorophylle." Manière d'excuser ses sourcils froncés en permanence et son air parfois hagard. Pour la famille, c'est un moment fort. "C'est un face à face qui était très attendu", commente Me Léna Baro qui défend la famille Bouchon. "Mes clients sont restés un peu figés, _beaucoup d'émotions se sont mélangées, percutées pour eux_."

Choqués par le rôle de l'avocat général

Premiers à s'exprimer à la barre, les directeurs d'enquête de la cellule Disparition 31 pilotée par les gendarmes. Tour à tour, ils détaillent les moyens, les hypothèses, le déroulement des investigations. Et tour à tour, ils se retrouvent contestés par les avocats de la défense et même par le ministère public. Les deux parties critiquent le témoignage anonyme qui met les gendarmes sur la piste de Laurent Dejean. L'avocat général David Sena parle de "renseignement isolé". Plus tard, il met en cause le témoin clé, celui qui dit avoir vu Laurent Dejean le matin du meurtre. Pour lui, il n'est pas précis sur la couleur de la Renault Clio où se serait trouvé Laurent Dejean. David Sena glisse que son "témoignage a changé pour les besoins de la cause" [pour correspondre à la Clio blanche que l'accusé conduisait selon une trentaine de proches interrogés]. 

Me Debuisson, l'avocat de la défense, tempête contre un portrait robot non signé et tardif : "Est-ce normal de diffuser un portrait robot deux ans et demi après ?" Sur leur chaise, les membres de la famille de Patricia Bouchon encaissent. En fin de journée, Christian le mari, ne cache plus son agacement. Son avocate, Lena Baro : "L'attitude de l'avocat général est discutable. Aujourd'hui, les rares questions posées par le ministère public sont très orientées. C'est gênant de ne pas débattre et ce n'est pas le rôle de l'avocat général dans un procès d'assises."

"On a l'impression qu'on a un avocat général qui est littéralement contre nous, que les dés sont déjà jetés, que le jeu est fait. On ne se sent pas soutenus et on entend des choses fausses qui pourraient induire les jurés en erreur et moi ça me bousille !", s'emporte Carlyne Bouchon, la fille de la victime.

L'épreuve des images du corps

Nouvelle épreuve en fin d'après-midi. Le président de la cour demande la projection des photos du cadavre de Patricia Bouchon, au moment de sa découverte à Villematier. La famille détourne le regard, se cache les yeux. Laurent Dejean qui n'avait regardé aucune photo des lieux, depuis le matin, finit par lever le nez. Il secoue la tête avec empathie. 

Les enquêteurs soulignent qu'il connaissait parfaitement les lieux pour avoir travaillé dans des exploitations agricoles voisines. En garde à vue il aurait déclaré : "Je passais dessus en pétrolette depuis tout jeune". Laurent Dejean dont les gendarmes ont raconté le changement d'attitude à partir de la disparition de Patricia Bouchon, la consultation d'une psychiatre en urgence, les arrêts de travail. Tous ses proches auraient décrit un homme soudain prostré, agressif. Hospitalisé à partir du mois de mars pour des bouffées délirantes, "il accrochait des crucifix en papier dans sa chambre. Son rapport à la mort a changé" précise un ancien gendarme.  

Ce vendredi, la famille de Patricia Bouchon prendra la parole. Christian Bouchon sera le premier à s'exprimer.

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