Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Merah

Toulouse - Procès Merah : la rue du Sergent-Vigné veut tourner la page

Par Stéphane Garcia, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 2 octobre 2017 à 20:00

C'est dans un studio du rez-de-chaussée rue du Sergent-Vigné qu'a été neutralisé Mohammed Merah le 22 mars 2012 après un siège de 32 heures autour de l'immeuble
C'est dans un studio du rez-de-chaussée rue du Sergent-Vigné qu'a été neutralisé Mohammed Merah le 22 mars 2012 après un siège de 32 heures autour de l'immeuble © Radio France - Stéphane Garcia

Le procès d'Abdelkader Merah et de Fettah Malki s'ouvrait ce lundi 2 octobre devant la Cour d'assises spéciale de Paris. Rue du Sergent-Vigné à Toulouse, là où se sont déroulés le siège puis l'assaut qui a neutralisé Mohammed Merah, on ne tient pas vraiment à suivre les audiences.

Ce lundi 2 octobre s’ouvrait le procès devant la cour d’assises spéciale de Paris d’Abdelkader Merah, frère du terroriste Mohammed Merah. Cinq après les tueries qui ont provoqué la mort de sept personnes assassinées à Toulouse et à Montauban au mois de mars 2012. Une série de meurtres qui allait se terminer le 22 mars, au 17 rue du Sergent-Vigné à Toulouse, quartier de la Côte Pavé, là où vivait "le tueur au scooter" dans un appartement du rez-de-chaussé après un siège de 32 heures.

Dans ce quartier, cinq ans après, peu d'habitants vont suivre les audiences. Premièrement, car beaucoup d'entre eux sont des étudiants, comme Marie (21 ans), et se sont installés après les événements. "On ne connaissait pas le quartier quand mes parents et moi avons choisi cet appartement. Ce n'est que plus tard que j'ai appris ce qui s'était passé ici, le siège. Mais pour autant, je ne vais pas suivre le procès simplement parce que c'est l'histoire de mon quartier".

Beaucoup d'habitants ont également déménagé. "On a aussi essayé de vendre, reconnait Yasmina, une mère de famille de 32 ans. Ça a été difficile de revenir, de retrouver une vie normale après ce qu'on avait vécu ici. Maintenant on veut tourner la page". Pour Maria, c'est désormais de l'histoire ancienne. "Le quartier revit, les gens continuent leur vie parce que je pense qu'il ne faut pas s'arrêter à cela".

Passer à autre chose... mais ne pas oublier

Mais pour autant, on n'oublie pas. Les événements sont dans les têtes de nombreux voisins rue du Sergent-Vigné. "Quand vous entendez des coup de feu en pleine nuit et quelques minutes après la police qui vous appelle pour vous dire de vous abriter, de vous cacher, ça fait peur, raconte Gyslaine, 75 ans. On a vécu une nuit très difficile, la pire de ma vie".

Le pasteur Pascal Gonzalez lui s'y est installé il y a trois ans dans le quartier, juste en face du logement de Mohammed Merah. Régulièrement, il voit des curieux passer dans la rue. "Des gens passent en voiture, ils ralentissent ou parfois même s'arrêtent. Ils regardent le studio au rez-de-chaussée, prennent des photos. Il y a encore une forme de curiosité mais c'est souvent des gens qui ne sont pas Toulousains".

Mais s'ils se montrent tous discrets ou réticents au moment d'abord le sujet, tous les habitants l'avouent à mi-mots : ils seront attentifs du verdict rendu le 3 novembre prochain.

Les grandes dates de l'affaire Merah - Visactu
Les grandes dates de l'affaire Merah © Visactu