Faits divers – Justice

Toulouse : sa voiture vandalisée, Jean-Laurent, handicapé, se bat pour obtenir réparation

Par Rémi Vallez, France Bleu Toulouse et France Bleu vendredi 19 mai 2017 à 6:00

Jean-Laurent Carde a démarré une grève de la faim pour dénoncer sa situation.
Jean-Laurent Carde a démarré une grève de la faim pour dénoncer sa situation. © Radio France - Rémi Vallez

Fin janvier, Jean-Laurent Carde, un Toulousain handicapé après un accident de travail, retrouve sa voiture adaptée vandalisée. Incapable de payer les réparations, et alors que personne ne reconnaît la responsabilité des faits, il vient d'entamer une grève de la faim pour dénoncer sa situation.

Fin janvier, comme d'habitude, Jean-Laurent Carde gare sa voiture sans permis, sur laquelle est collée sa carte d'invalidité, sur la place handicapée la plus proche de chez lui, dans le quartier Saint-Aubin. Mais le lendemain matin, ce retraité a une drôle de surprise... "On avait déplacé ma voiture pour la poser à cheval sur le trottoir, sur des plaques de béton. Les triangles de direction sont cassés, les phares arrachés, le moteur, touché, les portières ne s'ouvrent plus... Cette voiture est quasiment inutilisable, et c'était pour moi le seul moyen d'avoir mon indépendance, d'honorer mes rendez-vous médicaux, d'aller faire mes courses.. C'est une catastrophe".

Grève de la faim

Une catastrophe dont le coût est évalué à 5 000 euros de réparations. Une dépense que le sexagénaire aux 800 euros de revenus mensuels ne peut se permettre. Son assurance ? " Elle ne peut rien pour moi, affirme-t-il, car il n'y a pas de tiers responsable reconnu". Depuis, et malgré de nombreuses sollicitations auprès, notamment, de la police et de la préfecture, sa situation n'évolue pas. C'est pourquoi cet ancien chef de chantier, handicapé après un accident de travail a décidé, mercredi 19 mai, d'entamer une grève de la faim, afin d''alerter le plus grand monde sur son cas.

Pour lui, "l'identité des responsables ne fait pas de doute"

Et pourtant, selon lui, les responsables ne sont pas à chercher bien loin. Rapidement, les soupçons se tournent vers les étudiants de l'école d'ingénieurs de l'ENSEEIHT, qui se trouve juste en face de la rue où Jean-Laurent Carde a l'habitude de stationner. La raison ? "Après une nouvelle soirée arrosée sous mes fenêtres, j'ai retrouvé dans ma voiture plusieurs gobelets en plastique au logo de l'école. Par le passé, j'ai déjà eu plusieurs accrochages avec certains étudiants qui se moquaient de ma voiture sans permis."

Il est très facile pour n'importe qui de prendre des verres et de les mettre dans une voiture pour faire croire que ce sont étudiants les responsables - la direction de l'ENSEEIHT

La direction de l'établissement, invitée à réagir à ces mises en cause, se montre ferme. "L'école, située dans un quartier fréquenté et aux nombreux bars, contribue à l'animation générale du quartier mais est loin d'être le seul endroit où l'on s'y amuse... , indique-t-on du côté de l'ENSEEIHT. On ne met pas en doute les déclarations de Monsieur Carde, mais des verres où l'on retrouve l'appellation ENSEEIHT, dans la rue, on en retrouve malheureusement un certain nombre. Il est très facile pour n'importe qui de prendre un ou plusieurs verres et de les mettre dans la voiture pour faire croire que ce sont nos étudiants qui sont responsables de ces dégradations." L'école d'ingénieurs rappelle qu'elle a conseillé à Jean-Laurent Carde de porter plainte, ce qu'il a fait. Mais à ce jour, celle-ci n'a rien donné..