Faits divers – Justice

Toulouse : un homme meurt en cellule de dégrisement

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse et France Bleu lundi 8 août 2016 à 20:02 Mis à jour le mardi 9 août 2016 à 18:10

L'hôtel de police de Toulouse, le long du Canal du Midi
L'hôtel de police de Toulouse, le long du Canal du Midi © Radio France

Recueilli en état d'ivresse par la police municipale dimanche, un homme de 60 ans est placé en cellule de dégrisement au commissariat central de Toulouse. Quelques heures plus tard, voulant le réveiller, les policiers constatent son décès. Le parquet a ouvert une enquête, l'IGPN est saisie.

Dimanche, vers 18h45, la police municipale reçoit un appel d'un passant rue Bayard : il tente de venir en aide à un homme en état d'ivresse manifeste. L'homme titube, "a chuté a plusieurs reprises" atteste le requérant qui a même dû l'aider à s'asseoir par terre en attendant la police. C'est la procédure à suivre en cas d'ébriété : ce ne sont pas les pompiers ou d'autres secours qui interviennent mais bien la police. Les policiers municipaux arrivent et embarquent l'inconnu, si imbibé par l'alcool qu'il s'endort dans le véhicule des agents municipaux qui choisissent de prendre la route du commissariat central.

Âgé de 60 ans et domicilié à Saint-Jean, dans la périphérie de Toulouse, l'homme subit à l'hôtel de police, comme c'est le cas pour chaque IPM (ivresse publique manifeste), un examen médical (un "CNH", un certificat de non hospitalisation) qui conclut à la non contre-indication d'un placement en cellule de dégrisement. Sa prise en charge médicale n'est alors pas prescrite et les policiers nationaux l'emmènent, sans riposte aucune, dans la-dite cellule.

Une fracture du crâne fatale, l'intervention d'un tiers non-exclue

Quelques heures plus tard, autour de 2h30 du matin, les policiers cherchent à réveiller l'homme, mais en vain, c'est un corps sans vie qu'ils retrouvent dans la cellule de dégrisement. Un médecin légiste de permanence est appelé, le parquet est également prévenu. L'autopsie pratiquée ce lundi après-midi révèle un détail important : une fracture du crâne, sans doute à l'origine du décès. Mais si aucune trace de coup n'est observée lors de l’intervention du légiste à la levée de corps dans la nuit, l'autopsie note quatre côtes fracturées et des lésions notamment au bras. Le légiste n'exclut pas l'intervention d'un tiers, sans en tirer de conclusions hâtives. Le taux d'alcoolémie n'est pas encore connu.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Toulouse pour élucider les causes de la mort et l'emploi du temps de cet homme, dont le téléphone portable a été retrouvé sur lui. Et comme le veut la procédure, l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) a été saisie pour déterminer si il y a eu, à défaut de violences, un manquement dans la prise en charge d'un individu beaucoup trop alcoolisé. D'autres examens médicaux doivent être pratiqués, ainsi qu'une enquête plus poussée sur cette personne.

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