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Faits divers – Justice

Toulouse : une enquête en cours chez Tisséo après le harcèlement d'une lycéenne dans un bus

lundi 12 mars 2018 à 19:30 Par Vanessa Marguet, France Bleu Occitanie et France Bleu

En pleine campagne contre le harcèlement dans les transports en commun à Toulouse, une jeune fille de 16 ans, Eva, a été victime d'un comportement plus que déplacé dans un bus vendredi dernier et dénonce l'attitude du chauffeur qui n'a pas réagi. La direction de Tisséo a ouvert une enquête interne.

Les faits se sont produits lundi soir à bord d'un bus de la ligne 1.
Les faits se sont produits lundi soir à bord d'un bus de la ligne 1. © Radio France - Radio France

Toulouse

C'est une affaire qui a pris de l'ampleur ces derniers jours à Toulouse et qui fait tâche en pleine campagne contre le harcèlement sexiste dans les transports en commun de Tisséo. Vendredi soir, une jeune fille de 16 ans, Eva, a été victime d'un comportement déplacé et choquant dans un bus de la ligne 1. La lycéenne raconte : 

L'homme en face de moi a commencé à me faire des remarques sexistes. Il a ensuite sorti une bouteille de son caleçon et a commencé à ouvrir sa braguette. J'étais choquée. 

Le témoignage d'Eva

Eva lui demande d'arrêter, en vain, et va voir le chauffeur. Mais d'après la jeune fille, celui-ci ne l'aide pas : "Il m'a dit qu'il ne pouvait rien faire, car il ne pouvait pas sortir de sa place et m'a seulement conseillé de porter plainte". La lycéenne finit par descendre du bus et rentre à pied chez elle. 

L'affaire est largement relayée sur les réseaux sociaux

Eva raconte ce qui vient d'arriver à sa mère. Celle-ci interpelle alors Tisséo sur Twitter et son tweet est largement relayé. Le président de Tisséo SMTC Jean-Michel Lattes lui répond dans le week-end.

Tisséo a rapidement ouvert une enquête interne, pour comprendre ce qui s'est passé et ce qui a pu dysfonctionner. Mais l'heure n'est pas encore aux conclusions explique ce lundi le directeur d'exploitation de Tisséo, Romain de Montbel : 

C'est trop tôt pour parler de dysfonctionnements. Ce sont des faits graves et nous les prenons très au sérieux. Nous avons reçu ce lundi le conducteur en interne pour qu'il puisse nous donner sa version et nous recevrons mardi la jeune fille pour qu'elle nous explique ce qui s'est passé. 

Le directeur d'exploitation chez Tisséo explique que l'enquête interne est en cours, avec des auditions.

La direction de Tisséo encourage Eva et sa mère à porter plainte pour que la justice puisse utiliser les images des caméras du bus et tirer tout cela au clair. Les deux femmes s'apprêtent à le faire. Elles ne comptent pas en rester là. Eva trouve que, dans le contexte de la campagne de lutte contre le harcèlement lancée par Tisséo, ce qui lui est arrivé est d'autant plus choquant. Pour elle, "c'est de l'hypocrisie". 

Une affaire qui fait tâche en pleine campagne contre le harcèlement dans les transports. - Radio France
Une affaire qui fait tâche en pleine campagne contre le harcèlement dans les transports. © Radio France - Radio France

Les chauffeurs n'ont pas reçu de formation spécifique sur le harcèlement

De son côté, le responsable adjoint de la CGT chez Tisséo Guy Daydé estime qu'il ne faut pas blâmer trop vite le conducteur. Il s'est entretenu avec lui ce week-end et explique que l'agent ne pouvait pas bouger de son poste. D'après lui, "quand la jeune fille l'a prévenu, l'homme était en train de descendre du bus et il était donc trop tard pour utiliser le bouton d'appel, qui sert à alerter le campus de Tisséo en cas d'agression". Le responsable syndical ajoute que les chauffeurs ont peu de moyens d'action et "_n'ontpas reçu de formation spécifique sur les problèmes de harcèlement"_

La position de Guy Daydé de la CGT Tisséo

Le directeur de l'exploitation chez Tisséo, Romain de Montbel, répond que les conducteurs sont tous formés au départ à gérer des incidents avec les passagers à l'intérieur de leur bus. "Ils doivent alerter, orienter les victimes vers des dépôts de plainte et des prises en charge si besoin". Mais il reconnaît qu'en matière de harcèlement, les formations spécifiques commencent tout juste à se mettre en place. 

Cette affaire pourrait bien faire accélérer les choses et montre en tous cas que la lutte contre le harcèlement n'est pas facile à mettre en oeuvre.