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Tours : des zones d'ombres après la noyade d'un patient du CHRU

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Par , France Bleu Touraine

En 2013, Julien, un jeune adulte autiste de 20 ans, est retrouvé noyé dans une baignoire de la salle de bain commune dans la clinique psychiatrique de Saint-Cyr-sur-Loire. Ce jeudi après-midi, le CHRU de Tours, propriétaire de la clinique, comparaît pour homicide involontaire.

Le tribunal juge le CHU pour homicide involontaire.
Le tribunal juge le CHU pour homicide involontaire. © Radio France - Selma Riche

"C'est même une zone d'ombre totale", résume la présidente du tribunal de Tours. Sept ans après les faits, les circonstances de la mort de Julien, 20 ans, autiste souffrant de graves troubles mentaux et de retard, restent floues. Et difficile, ce jeudi 11 mars pour le tribunal judiciaire de Tours de faire toute la lumière sur l'affaire, une noyade dans une baignoire de la salle de bain commune dans la clinique psychiatrique de Saint-Cyr-sur-Loire, propriété de l'hôpital de Tours.

Un surdosage médicamenteux

Comment Julien a-t-il ouvert le robinet ? Il est impossible de le savoir. Le jeune adulte ne pouvait pas le faire lui-même. Ses troubles l'obligent à solliciter l'aide des soignants pour tous les gestes du quotidien. Et les soignants, comment n'ont-ils pas vu Julien se rendre dans la salle de bain ? Depuis leur bureau, ils n'ont pas de visuel sur la salle de bain commune, répond la responsable légale du CHRU présente à l'audience.

Comment expliquer aussi le surdosage du médicament tercian, un neuroleptique prescrit pour le traitement des troubles psychiques. "La dose découverte après analyse toxicologique est trois fois supérieure à celle normale", précise la présidente du tribunal. Là encore, devant le tribunal, la directrice de la patientèle et de la gestion des risques du CHU bote en touche. Elle précise qu'une demi-heure avant sa mort, Julien allait bien. Il a été même demandé un magazine aux infirmiers qui n'ont pas remarqué chez lui d'état psychotique. 

Je ne pourrais jamais faire le deuil de mon fils

Alors à de nombreuses reprises, la présidente insiste. "Vous, la direction, n'avez pas une idée de ce qu'il s'est passé ?  Un scénario cohérent ?" La présidente cherche à comprendre. Elle se base également sur le jugement rendu par la cour d'appel administrative en 2017 qui a reconnu la faute du CHRU, l'organisation de son service n'a pas garanti pas la sécurité de ses patients. Le CHRU avait alors versé 15.000 euros à la mère de Julien, constituée partie civile. "Vous n'allez pas me faire croire que vous n'en avez pas discuté ? Je vous repose la question car la maman de Julien est là."  

La mère de Julien est assise sur un banc, immobile pendant toute l'audience. Elle n'a pas souhaité s'adresser au tribunal. Dans une lettre envoyée à la cour quelques semaines avant l'audience, elle réclame 75.000 euros de préjudice moral pour "le deuil et la peine. Je ne pourrais jamais faire le deuil de mon fils, surtout dans des conditions pareilles".

Le procureur a de son côté requis une amende de 20.000 euros contre le CHU. Le délibéré est attendu pour le 22 avril prochain

Selma Riche

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