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Faits divers – Justice

Tours : Interdiction de gérer pendant 5 ans une société requis contre le PDG de l’usine de produits chimiques Synthron

jeudi 12 novembre 2015 à 17:45 - Mis à jour le jeudi 12 novembre 2015 à 22:10 Par Marie-Ange Lescure et Géraldine Marcon, France Bleu Touraine

Jeudi 12 novembre à la barre du tribunal de Tours, un homme a une nouvelle fois fait face à la justice : Robert Moor, PDG de Synthron, un groupe chimique de plusieurs centaines d'employés à travers le monde, mais qui semble avoir du mal avec les réglementations environnementales et sociales.

Le tribunal correctionnel de Tours.
Le tribunal correctionnel de Tours. © Maxppp - Arnaud Journois

Tours, France

Ce jeudi après-midi, Robert Moor, 85 ans et très digne à la barre, a été longuement devant le tribunal correctionnel de Tours. Le PDG de Synthron a répété à de nombreuses reprises que les divers manquements à la réglementation qui lui sont reprochés n’étaient pas de sa responsabilité. Pour Robert Moor, l’usine d’Auzouer-en-Touraine en Indre-et-Loire, classée au plus haut niveau Seveso, rencontre des difficultés pour se mettre en conformité mais mais il justifie ces manquements à la sécurité par une réglementation trop changeante. Celle-ci ne fixerait, selon lui, aucune priorité dans ses prescriptions. Pour le PDG du groupe chimique, les entreprises de maçonnerie de Touraine sont aussi en cause *"elles préfèrent construire des pavillons plutôt que de venir réaliser des travaux d'étanchéité des bassins de rétention"**.* Robert Moor qui ajoute également qu’il faut blâmer les délais trop longs des artisans** pour venir mettre aux normes les installations électriques contre la foudre.

Une cinquantaine de manquements relevés par la Dréal

Robert Moor se considère également "harcelé" par la Dréal (Direction régionale en charge de la protection de l'environnement) qui lui a signifié pas moins d'une cinquantaine de non conformités constatées sur le site d’Auzouer-en-Touraine. L’inspecteur de la Dréal présent à l’audience dresse lui un tout autre tableau de la situation de l’usine d’Indre-et-Loire, qui emploie une centaine de personnes. Interrogé par le tribunal, il a comparé le site de 13 hectares de Synthron à une usine à l'abandon, avec des murs en partie écroulés, des produits chimiques à même le sol ou encore des cuves remplies de produits chimiques non-identifiés. A la question de l'avocat de Synthron "avez-vous suggéré la fermeture du site ?", le contrôleur de la Dréal répond "je l'ai soumise à ma hiérarchie, mais je n'ai pas été suivi".

L'avocat des parties civiles (France Nature Environnement, la SEPANT et la Fédération de pêche d'Indre et Loire) et le Procureur se sont rejoints pour que Robert Moor, le patron, porte la plus grande responsabilité, car ont-ils dit, en le sanctionnant fortement lui, on limite les conséquences d'amendes trop fortes pour le site industriel d'Auzouer en Touraine. Menace à peine voilée de l'avocat de la défense : une lourde condamnation enverrait une perturbation telle que les clients de Synthron pourraient se détourner et donc menaçait l'avenir de l'usine.

Lors d'un précèdent procès en 2014 Robert Moor et Synthron avaient été condamnés à six mois de prison avec sursis et une amende totale de 43.500 euros pour "mise en danger de la vie d’autrui " et "exploitation d’une installation classée non-conforme.

Le jugement sera rendu le 11 février 2016