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Tours : les magistrats disent leur inquiétude pour l'indépendance de la justice

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Par , France Bleu Touraine

Une trentaine de magistrats se sont rassemblés sur les marches du tribunal de Tours ce jeudi. Ils font part de leur inquiétude pour l'indépendance de la justice après l'ouverture d'une enquête administrative visant le Parquet National Financier par leur propre ministre Eric Dupond-Moretti.

40 magistrats travaillent au tribunal de Tours. Ils se sont presque tous rassemblés ce jeudi pour dire leur inquiétude pour l'indépendance de la justice.
40 magistrats travaillent au tribunal de Tours. Ils se sont presque tous rassemblés ce jeudi pour dire leur inquiétude pour l'indépendance de la justice. © Radio France - Noémie Philippot

Les magistrats sont inquiets pour l'indépendance de la justice et veulent le faire savoir. Ils se sont rassemblés un peu partout en France à 13H ce jeudi à l'appel du Syndicat de la Magistrature et de l'Union Syndicale des Magistrats, y compris sur les marches du palais de justice de Tours. Ils étaient une trentaine, c'est pratiquement l'ensemble de l'effectif. 

Au centre de leurs craintes, l'enquête administrative ouverte contre trois magistrats du Parquet National Financier (PNF) par leur propre ministre, Eric Dupond-Moretti, à l'approche du procès de Thierry Herzog et Nicolas Sarkozy dans l'affaire "des écoutes". Comme l'ancien avocat a lui-même porté plainte contre le PNF dans ce dossier alors qu'il n'était pas ministre, les magistrats estiment que le garde des Sceaux est pris dans un conflit d'intérêt. 

"On s'inquiète de la volonté totale de déstabilisation, par une personne qui est censée garantir notre indépendance, du PNF censé justement attaquer un certain nombre de procédures qui concernent notamment des personnes au sommet de l'Etat" dénonce Aurélie Brenon, membre de l'Union Syndicale des Magistrats. "On n'est pas descendus dans la rue en tant que personne. On est tous en robe noire aujourd'hui parce qu'on défend une idée importante qui est la justice, l'indépendance des pouvoirs."

C'est un effet de sidération par rapport à des attaques sans précédent au plus haut sommet de l'Etat."

La plainte déposée contre le PNF par Eric Dupond-Moretti inquiétait déjà les magistrats au moment de sa nomination au ministère selon Aurélie Brenon. "On s'est dit : on va juger sur les actes, et les actes arrivent aujourd'hui. C'est une inquiétude majeure, ce n'est pas une colère, c'est un effet de sidération par rapport à des attaques sans précédent au plus haut sommet de l'Etat."

La justice n'est tenue que par l'abnégation des gens

Le procureur de la République de Tours Grégoire Dulin et le président du tribunal Christophe Régnard étaient aux côtés des magistrats. Si l'enquête contre les magistrats du PNF inquiète, les mots du ministre accusant les magistrats de corporatisme énervent.  "Je suis là sur les marches aujourd'hui parce que je veux témoigner aux magistrats avec lesquels je travaille au quotidien de mon soutien" explique Christophe Régnard. 

Pour lui, pas question d'attaquer le ministre de la Justice ou mettre en cause la nouvelle directrice de l'École nationale de la magistrature parce qu'elle est avocate. "La question est plus large, sur la mise en cause des magistrats dans ce qu'ils sont, ce qu'ils font, alors qu'ils le font et on le sait bien : la justice n'est tenue que par l'abnégation des gens" continue le président. "Les manques de moyens sont criants, on le sait bien ici à Tours aussi. Dire à des gens qu'ils sont encastés, frileux ... quand vous êtes du matin au soir devant des justiciables c'est un peu dur à entendre."

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