Faits divers – Justice

Le Dr Bonnemaison de retour devant la justice à Angers

Par Stéphanie Brossard et Paul Nicolaï, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu Pays Basque et France Bleu lundi 12 octobre 2015 à 6:00

Le Dr Bonnemaison avec son avocat à Pau en juin dernier
Le Dr Bonnemaison avec son avocat à Pau en juin dernier © Maxppp

L'ex-urgentiste de Bayonne Nicolas Bonnemaison, acquitté à Pau l'an dernier pour avoir abrégé la vie de sept patients en fin de vie, est rejugé devant la cour d'appel d'Angers, à partir de ce lundi et jusqu'au 24 octobre, pour empoisonnement.

Poursuivi pour sept cas "d'empoisonnement" sur des patients âgés et en fin de vie, entre mars 2010 et juillet 2011, alors qu’il dirigeait une unité du service des urgences de l’hôpital de Bayonne, Nicolas Bonnemaison est rejugé en appel, à partir de ce lundi 14 heures, devant la Cour d'appel d'Angers dans le Maine-et-Loire.

L'ex-urgentiste avait été acquitté, le 25 juin dernier, à Pau, au terme de 15 jours d'un procès hors norme, avant que le Parquet (qui avait requis cinq ans de prison avec sursis) ne fasse appel du jugement. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Durant le premier procès, il avait reconnu avoir injecté deux produits à ses patients, mais avait expliqué avoir agi en "médecin tel qu'il le conçoit".

Chronologie de l'affaire Bonnemaison

Deux nouvelles semaines d'audience

Comme à Pau, c'est un procès hors du commun qui va se jouer. Une soixantaine de témoins dont l'ancien ministre Bernard Kouchner ou Jean Léonetti l'auteur de la loi sur la fin de vie, des experts et spécialistes, les familles de victimes et les soutiens de Nicolas Bonnemaison vont se succéder à l'audience.

Aucune famille n'a porté plainte mais deux se sont constituées parties civiles.

Il y a encore beaucoup de zones d'ombre et de questions. Il faut qu'il s'explique. Mon client ne comprend pas cet acquittement. L'accusé a agi sans concertation avec équipe médicale et familles 

— Maître Garmendia, l'avocat de Pierre Iramuno, dont la maman est décédé dans le service de l'accusé

Le Dr Bonnemaison va à nouveau devoir s'expliquer

Nicolas Bonnemaison est sur banc accusé parce qu'on n'est pas capable d'assumer la réalité, à laquelle il a été confronté. C'est un homme qui a été bouleversé par les différents épisodes judiciaires. On a déchiré sa blouse et on a abîmé sa vie 

— Maître Dupin, l'avocat  du docteur Bonnemaison

Nouveau débat à l'Assemblée Nationale sur la fin de vie

Ce deuxième procès Bonnemaison intervient alors que l'Assemblée Nationale vient de rejeter il y a quelques jours, comme en mars dernier, "l'assistance médicalisée active à mourir". Un amendement en faveur d'un "suicide assisté" a également été repoussé. Les députés ont en revanche voté "le droit à la sédation profonde jusqu'au décès" pour les malades incurables et dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Pour le député Alain Claeys, la loi Léonetti de 2005 doit évoluer

Le Dr Bonnemaison avait été radié de l'Ordre des médecins, l'an dernier. Radiation confirmée par le Conseil d'Etat le 30 décembre 2014. Il a quitté ses fonctions administratives à l'hôpital de Bayonne il y a quelques semaines, pour préparer cette deuxième épreuve. L'association de soutien à Nicolas Bonnemaison a recueilli 86 000 signatures. Certains adhérents comme Patricia Dhooge, veuve d'une des victimes décédée en 2010, sera présente à Angers et dénonce un acharnement.

"Je ne peux pas effacer ces images de souffrance" Patricia Dhooge

Le verdict est attendu le 24 octobre.