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Travail dissimulé sur deux chantiers du CHU et du bailleur SIPEA

Par Giraud William, France Bleu Poitou jeudi 28 janvier 2016 à 6:22

Le siège de la DIRECCTE Poitou-Charentes à Poitiers.
Le siège de la DIRECCTE Poitou-Charentes à Poitiers. - Google

L'inspection du travail vient de dresser plusieurs procès-verbaux qui devraient être transmis prochainement au procureur de la République de Poitiers.

L'affaire n'est pas anodine. Elle concerne une dizaine de salariés employés sur deux chantiers phares conduits par le bailleur SIPEA et le CHU : la rénovation de HLM aux Couronneries d'un côté, le nouveau centre neuro-cardio-vasculaire de l'hôpital de l'autre... Dans les deux cas, des ouvriers ont travaillé alors qu'ils n'étaient pas en règle.

Plus payés depuis plusieurs mois

Des ouvriers étrangers sans fiche de paie, sans contrat de travail et non déclarés à l'URSSAF... Les PV de l'inspection du travail sont accablants. Certains employés n'étaient plus payés depuis plusieurs mois, d'autres acceptaient de travailler pour deux fois moins contre la promesse d'obtenir des papiers en règle. Ils étaient souvent logés à plusieurs dans des appartements insalubres loués par leur patron.

Des sous-traitants en cascade

Sur les HLM des Couronneries, rue de Provence, deux Tunisiens qui rénovaient les façades sont concernés. A l'hôpital, ce sont six ouvriers, quatre Polonais et deux Égyptiens qui ont réalisé les peintures du nouveau centre neuro-cardio-vasculaire.

Le CHU conscient du problème

La direction de l'hôpital reconnaît qu'une entreprise n'était pas dans les clous sur la fin du chantier. Mais dès qu'elle l'a su, elle assure avoir pris des mesures pour arrêter la collaboration. Le CHU qui met tout en oeuvre pour éviter ce type de problème : caméras, badges, tourniquets... Les ouvriers qui participent aux travaux sont très contrôlés.

L'hôpital essaie aussi d'éviter au maximum que l'entreprise qui remporte l'appel d'offres fasse appel à des sous-traitants en cascade. Des mesures louables (tout le monde ne prend pas ces précautions). Sauf que dans le cas présent, cela n'a pas suffi à éviter des irrégularités.

SIPEA également touché

De son côté, le bailleur social SIPEA avoue également qu'un phénomène similaire s'est produit sur l'un de ses chantiers aux Couronneries. "Nous n'étions pas au courant au départ, des faux ont été utilisés par l'un des sous-traitants. Mais dès que nous nous sommes aperçus de la fraude, nous avons interdit le chantier à l'entreprise concernée, le jour-même" explique Axel David, directeur de l'habitat chez SIPEA. "Nous sommes aussi victimes dans cette affaire". 

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