Faits divers – Justice

Tribunal - Bordeaux : ils modifiaient les voitures et les revendaient sur internet

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde et France Bleu mardi 19 janvier 2016 à 10:22

Les pièces étaient récupérées dans des casses automobiles (illustration).
Les pièces étaient récupérées dans des casses automobiles (illustration). © Maxppp

C'est une vaste escroquerie à la voiture trafiquée qui est jugée jusqu'à ce mercredi à Bordeaux. Quatorze personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel pour avoir participé à ce trafic. Les victimes, elles, ne peuvent plus utiliser ou revendre leur véhicule.

Le procès a débuté ce lundi et s'achèvera ce mercredi au tribunal de grande instance de Bordeaux. C'est le procès d'une escroquerie sur des voitures. Les véhicules étaient trafiqués et vendus sur Internet, un trafic qui a duré trois ans entre 2008 et 2011. Plus d'une trentaine de victimes sont tombées dans le panneau prévenues par les gendarmes qui avaient ouvert une enquête à la suite de vols d'accessoires de marque Peugeot ou Renault.

Rendez-vous sur un parking et paiement en cash

Deux frères et leur père aux casiers judiciaires bien remplis fréquentaient les salles de vente, et achetaient des véhicules commerciaux à deux places pour les transformer en voitures particulières à cinq places. Ils réalisaient au passage une jolie plus value. Sauf que les compteurs étaient trafiqués, et les accessoires provenaient des casses de la Gironde ou de recel de vols. Le montage était confié à des carrossiers ou des mécaniciens peu scrupuleux de la rive droite. Les certificats de cession étaient falsifiés et les cartes grises validées non seulement à Bordeaux mais aussi à Arcachon et Libourne pour ne pas éveiller les soupçons. 117 annonces de véhicules ont ainsi été diffusées sur Internet sur des sites spécialisés. Les escrocs donnaient rendez-vous aux futurs acheteurs sur un parking de grande surface, exigeant du cash, entre 4.000 et 6.000 euros par véhicule.

Autant dire que les victimes sont tombées de haut en apprenant la nouvelle par les Gendarmes. 

Mon client ne peut plus revendre sa voiture car elle n'existe plus !

— Maitre Victor Katou, avocat d'une des parties civiles

Maître Katou poursuit : "Le fait que le véhicule n'existe plus ne nous empêche pas de réclamer le remboursement de la somme qui a été versée à l'achat du véhicule". Les constructeurs Renault et Peugeot se sont également portés partie civiles.