Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Un torero contre une humoriste au tribunal de Bayonne

Devant le tribunal correctionnel de Bayonne, le torero Thomas Joubert attaque l'humoriste Elodie Poux. La raison ? Un sketch jugé par le plaignant comme injurieux après la blessure contractée par le matador dans les arènes de Bayonne.

Le torero Thomas Joubert blesse dans les arènes de Bayonne le premier septembre 2018
Le torero Thomas Joubert blesse dans les arènes de Bayonne le premier septembre 2018 © Maxppp - Lapegue Bertrand

Bayonne, France

Le 3 septembre 2018, l'humoriste Elodie Poux se lance dans un sketch sur la radio "Rire et Chansons". Le principe de la chronique est de s'amuser autour d'un sujet d'actualité. Elle choisit l'accident de Thomas Joubert comme objet de sarcasme. Deux jours plus tôt, pendant la feria de l'atlantique, le matador est victime d'une cornada au niveau de l'artère fémorale par un taureau de la garnaderia de Robert Margé. Il passe tout près de la mort, perdant près de deux litres et demi de sang.

"Ces petits connards à paillettes"

Le texte d'Elodie Poux est cru. A la barre, l'avocat de Thomas Joubert, maître Michel Dufranc a rappelé les propos tenus par l'humoriste. Le matador y est traité de "con". Pour parler de la grave blessure, l'humoriste explique que le torero "a fini en jambon". En terminant sa chronique, Elodie Poux s'en prend aux matadors qu'elle compare à "des petits connards à paillettes". Trop c'est trop, pour Thomas Joubert qui décide d'assigner Elodie Poux devant le tribunal correctionnel de Bayonne dans le cadre d'une procédure dite de citation directe pour "injure publique".

Liberté d'expression ou injure publique ?

Aucune injure mais de l'humour explique la défense. Maître Claire Casanova réfute toute insulte. L'avocate invoque la liberté d'expression et regrette le temps où l'on pouvait rire de tout. "On est loin de Charlie Hebdo, s'émeut l'avocate devant le tribunal. On ne peut plus rien dire". 

"L'humour est-ce que c'est insulter quelqu'un quand on n'aime pas ce qu'il fait ?" s'interroge, maître Michel Dufranc. Pour l'avocat de Thomas Joubert, la liberté d'expression s'arrête en cas d'injure public. Il réclame 10 000 euros de dommage et intérêts pour son client

Un avis négatif du Conseil supérieur de l'audiovisuel

Le CSA s'est déjà occupé en amont de cette histoire. Dominique Valmany, le président de la fédération des sociétés taurines de France, avait envoyé une lettre au Conseil se plaignant des propos tenus par Elodie Poux sur Rire et chansons. 

Fin décembre, l'autorité française de régulation de l'audiovisuel a répondu : "les propos d’Élodie Poux “s’apparentaient à des injures et étaient de nature à porter atteinte à l’honneur et à la réputation du torero blessé”. L'humoriste contrevient ainsi à la convention 2-6 de Rire et Chansons. Le gendarme de l'audiovisuel a aussi demandé aux responsables de la radio d'être "particulièrement vigilants lorsque des propos de nature à porter atteinte à l'honneur sont tenus à l'antenne."

Texte du CSA - Aucun(e)
Texte du CSA

Le compte rendu d'audience

Le jugement doit être rendu le 14 mai prochain au tribunal correctionnel de Bayonne.