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Tribunal de Pau : Justine, la harceleuse maladive du 18, est de nouveau condamnée

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Par , France Bleu Béarn, France Bleu

La justice s'est de nouveau penchée sur le cas de Justine. Cette jeune fille de Pau, de 21 ans, passe sa vie à appeler les numéros de secours, et principalement le 18. Elle a été condamnée pour la cinquième fois ce jeudi.

Le palais de justice de Pau
Le palais de justice de Pau © Radio France - Daniel Corsand

La justice a dû se résoudre à condamner à 4 mois de prison ferme, Justine, une jeune femme de 21 ans qui cet été a saturé le 18 standards des pompiers. C'est la cinquième fois qu'elle est condamnée pour ce genre harcèlements téléphoniques. Elle importune la police municipale, l’hôpital psychiatrique, le commissariat de Police, et surtout donc le centre d'appel du SDIS (le service départemental d'incendie et de secours). 

Des appels dès sa sortie de prison

Elle a remis ça dés sa sortie de prison en août. Pour Justine c'est une obsession maladive. Elle est sous curatelle. Elle est très perturbée et immature. Ce qui pose un vrai problème à la justice. Les experts judiciaires la considèrent accessible à une sanction pénale malgré son lourd passé psychiatrique. Elle fréquente le CHP depuis ses 13 ans. Elle a même séjourné deux ans dans une unité fermée de l’hôpital psychiatrique de Pau, pendant son adolescence. Elle a aussi un retard mental léger. Mais sa responsabilité est altérée, pas complètement abolie. La justice doit passer pour Justine. 

"Ça va ? J'ai bien parlé ?"

Alors, encore une fois, la présidente lui a posé la question. Il faut dire que ce jeudi, Justine a l'air moins éteinte que les fois précédentes. "Comment éviter que ça ne recommence?" lui demande la magistrate. "Déjà, j'ai plus de téléphone", et elle ajoute qu'elle a besoin de soins. C'est décousu quand elle parle. Elle voudrait quitter Pau. Elle dit : "C'est bizarre, c'est quand je suis à Pau que je fais ça". Une fois assise, elle se tourne vers sa curatrice et lui demande : "Ça va j'ai bien parlé?" 

La lassitude des pompiers

Les pompiers ont compté 1.950 appels de Justine depuis 2015. Des insultes, des menaces, des fausses alertes, des appels muets. Au 18 tout le monde reconnait sa voix. Ils lui ont même fait visiter le central d'appel du 18 pour qu'elle comprenne. Mais Justine a recommencé. Le commandant du centre d'appel Julien Nozières est dans la salle d'audience. Il est devenu demander à Justine l'euro symbolique en dommage et intérêts. Il écoute les débats, et explique, une nouvelle fois les conséquences de ces appels intempestifs.

Que se passera t-il un jour où l'opérateur ne prendra pas en considération sa demande, alors que la situation le justifiait ? Nous ne souhaitons pas un jour nous retrouver parmi les prévenus, accusés de ne pas avoir répondu à sa demande" — Le commandant du 18

Le commandant Julien Nozères

Le commandant du 18, Julien Nozères
Le commandant du 18, Julien Nozères © Radio France - Daniel Corsand

Justine a été condamnée donc à quatre mois de prison ferme. Avec la préventive, il ne lui reste plus que quelques semaines à purger. "Profitez en pour préparer votre sortie dans les meilleures conditions", lui conseille la présidente.     

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