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Faits divers – Justice

Tribunal de Pau : 22 ans de prison cumulés pour la bande spécialisée dans le cambriolage

vendredi 27 avril 2018 à 7:21 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

Le tribunal correctionnel de Pau a jugé 11 personnes ce jeudi. Une association de malfaiteurs qui a fait une razzia de cambriolages en quatre mois dans des maisons de particuliers du Béarn et de la Bigorre.

Le dossier d'instruction au pied de l'estrade des juges
Le dossier d'instruction au pied de l'estrade des juges © Radio France - Daniel Corsand

Pau, France

Le procès, devant le tribunal correctionnel de Pau, d'une bande organisée, spécialisée dans le cambriolage. On leur reproche 45 cambriolages en Béarn et dans les Hautes-Pyrénées commis entre octobre 2015 et mars 2016. Une vrai petite entreprise : 300 objets volés. Un préjudice supérieur à 100 000 euros. Sur les 11 personnes poursuivies, il y a deux receleurs. Les neuf autres sont tous de la même famille originaire du Monténégro. Les peines prononcées jeudi vont de un an avec sursis à six ans fermes. Pendant le procès, ils ont tous nié, minimisé ou rejeté la faute sur d'autres. Mais ce procès avait le mérite de nous présenter toute une filière délinquante. Du vol à l'écoulement des marchandises.

Rien n'est laissé au hasard

Il y a deux équipes de cambrioleurs. Ils repèrent sur le terrain ou sur "Google Street View", quelques jours avant, et privilégient les maisons dont les haies sont hautes. Le jour du cambriolage, ils sonnent pour s'assurer qu'il y a personne. On vise les baies vitrées que l'on ouvre avec un tournevis. Et on emporte surtout les bijoux en or. Et ils ont l’œil pour repérer le toc. Ensuite, très vite, il faut écouler la marchandise. Ils ont le matériel pour tester la qualité de l'or et aussi des diamants. On donne rendez-vous à deux receleurs spécialisés sur un parking pour rejoindre un des appartements des cambrioleurs à Lourdes. L'or est bradé à 17 euros le grammes, qu'ils se font payer en liquide bien entendu. Dans le dossier il est aussi question d'une dame, bijoutière de métier, preneuse aussi de cet or volé. Les enquêteurs n'ont pas pu l'identifier.

Empo le patriarche

Les trois cambrioleurs attitrés sont les plus sévèrement punis par le tribunal (six, six et trois ans fermes). Et puis il y a l’aîné : Empo Sejdovic. 60 ans.  Il est condamné à 18 mois fermes. C'est celui que le dossier présente comme le patron de cette PME de la cambriole. C'est LE patriarche. Empo en impose avec son gros ventre et ses deux mains posées sur une canne. Son autorité sur les autres est palpable. Quand un fils, une fille ou un gendre doit répondre à une question gênante, ils se tournent vers lui. La présidente doit les rappeler à l'ordre. Quand c'est son tour, il parle en italien, donc beaucoup avec les mains. Il pointe d'un doigt menaçant un de ses gendres, celui qui a fait basculer toute sa famille dans le cambriolage à l'entendre. Lui se pose en spectateur impuissant. Le jour de coup de filet, il était dans cet appartement où se déroulait une transaction d'or. Mais il n'a rien vu. Dans sa maison, on a trouvé dans la doublure d'un canapé 17 montres, trois disques durs, des bijoux. Sur la table de son salon, un testeur d'or, et ailleurs un testeur de diamant. Il ne comprend pas. Alors la présidente s'énerve : "faut que je vous fasse un dessin ?! C'est pour quoi faire ?!" Empo répond : "ben c'est pour tester l'or. C'est en vente libre". Lui il tente de se faire passer pour un père dépassé : "j'ai honte de ce qu'ils ont fait. Dieu en sera le juge". Pas seulement Dieu.

Tous les membres de la famille de cambrioleurs ont également été condamnés à une interdiction de séjour dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées pour une durée de cinq ans.

Emilie la victime

Dans la salle, il y a une demi douzaine des innombrables victimes de la bande. Elles sont là pour soutenir leurs demandes de réparation, et aussi pour voir "en vrai", les auteurs du cambriolage dont elles ont été victimes. Emilie est venue d'Antis, près de Bagnères de Bigorre. Elle a raconté le traumatisme de retrouver sa maison visitée en rentrant chez soi avec mari et enfants.

J'ai été étonnée par les deux receleurs en fait. Ils font nounours et troisième ligne de rugby. On pourrait boire un coup avec eux. —Emilie, une des victimes

Emilie, victime d'un des cambriolages de la bande