Faits divers – Justice

Tribunal de Pau : un an de prison ferme pour un harceleur téléphonique

Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn et France Bleu jeudi 19 janvier 2017 à 18:42

Cathy recevait 7 à 8 appels par heure (illustration)
Cathy recevait 7 à 8 appels par heure (illustration) © Radio France - Daniel Corsand

La justice lui reproche 2.488 appels à son ancienne compagne en 50 jours. Il ne supportait pas la séparation. Il a également tenté de l'intimider physiquement.

Un an de prison ferme pour un homme de Pau âgé de 48 ans. Franck a été condamné pour avoir harcelé son ex. Entre août et mi-septembre dernier, il a pourri la vie de Cathy (le prénom a été modifié), en cherchant à l'intimider et en l'inondant de coups de téléphone : 2.488 coup de fil en 50 jours. Cela représente 7 à 8 appels par heure. En plus, c'est un récidiviste de ce genre de fait. Il est également bien connu de la justice pour des faits de stupéfiants, de vols et de violences. À l'audience ce jeudi il n'a pas été très repentant.

Mauvaise foi ou aveuglement?

Son procès commence par un gag. Il est à la barre, et son téléphone se met à sonner dans sa poche: l'objet du délit. Ce téléphone dont il s'est saisi 2.488 fois en 50 jours pour harceler son ex. Lui s'en défend à l'audience. C'était parce qu'il était inquiet pour elle explique-t-il : "Je n'avais pas l'intention de lui nuire. J'aurais dû m'abstenir mais j'étais vraiment inquiet". On se demande s'il ment ou s'il est sérieux. Mais finalement, dans les deux cas c'est inquiétant.

Une relation ambiguë

Son ex est beaucoup plus jeune que lui. Cathy a la moitié de son âge. Elle tremble à l'audience en reconnaissant que leur relation était ambiguë. C'est vrai qu’après la rupture, elle l'appelait quand elle avait besoin de lui. Ils passaient quelques nuits ensemble de temps à autre. Mais c'est la drogue qui les attirait l'un vers l'autre. Le 16 septembre dernier, il est allé trop loin en passant la soirée devant chez elle, sur son palier. Il est ivre. Il a tambouriné et craché sur sa porte. Il le nie à l'audience, mais quand le président lui rapporte que ce sont les policiers qui sont intervenus qui le racontent, il avoue du bout des lèvres : "J'ai pas été correct. C'est vrai."

Cette peine de un an de prison ferme est assortie d'une interdiction de fréquenter Cathy. La victime recevra également 1.000 euros de dommages et intérêts.