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Faits divers – Justice

À Saverne, le voisin condamné à deux mois de prison avec sursis pour cruauté envers la chatte Rosa

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu

Une audience spéciale s'est tenue devant le tribunal correctionnel de Saverne mercredi 11 septembre. Une habitante d'Innenheim attaquait en justice son voisin pour avoir porté en mai 2019 des coups à sa chatte, Rosa, disparue depuis. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis.

A Innenheim, le voisin condamné à deux mois de prison avec sursis pour cruauté envers la chatte Rosa (ici en photo) par le tribunal correctionnel de Saverne le 11 septembre 2019.
A Innenheim, le voisin condamné à deux mois de prison avec sursis pour cruauté envers la chatte Rosa (ici en photo) par le tribunal correctionnel de Saverne le 11 septembre 2019. - Alexia B.

Saverne, France

Le tribunal correctionnel de Saverne en ébullition mercredi 11 septembre : un procès s'y est tenu... pour une chatte. Un homme de 56 ans a comparu pour acte de cruauté envers un animal domestique, accusé d'avoir frappé et peut-être tué la chatte de sa voisine disparue à Innenheim en mai dernier. 

Dans la salle, Alexia, sa famille quasiment au grand complet et des militants de la cause animale occupent trois rangs. "C'est l'audience qui passionne les foules", fait remarquer la procureure avant l'ouverture. Le président reprend les faits : le soir du 19 mai, Rosa est introuvable alors que ce n'est pas dans ses habitudes. Sa famille la cherche partout. Vers 23h Alexia, sa jeune propriétaire est dans sa salle de bain lorsqu'elle voit son voisin en caleçon chez lui dans sa cave. Il tape sur quelque chose avec un bâton à plusieurs reprises en jurant "espèce de merde" en alsacien. La jeune femme ne voit pas ce qu'il frappe mais là, elle entend un animal gémir. Rosa ne reviendra plus à la maison.  

"C'est l'audience qui passionne les foules" - la procureure de Saverne

À la barre, un homme de 56 ans, les cheveux gris éparpillés, les épaules voûtées. Le prévenu se justifie comme il peut : il explique d'abord qu'il ne savait pas ce que c'était et avait eu peur, puis il dit qu'il pourchassait l'animal car il ne voulait pas sortir. Les explications sont confuses mais l'homme s'excuse plusieurs fois des deux coups portés à l'animal, qu'il reconnait, et qui ont "peut-être tué ce chat". 

"Le tribunal n'a pas l'habitude de ce genre de dossier" note le président qui demande au prévenu si le battage autour de l'affaire le perturbe. "Oui, j'en suis malade" répond ce dernier. 

Une joute verbale entre les avocates et la procureure

S'ensuit une joute verbale entre l'avocate d'Alexia, la propriétaire de la petite chatte, et la procureure. Maître Ghorbi-Terrin commence vivement sa plaidoirie : "Je le dis sans rire, je plaide pour Alexia, pour Carine et pour Rosa", personne ne sourit dans la salle, le président et la procureure regardent soigneusement leurs feuilles. L'avocate raconte la vie de l'animal, parle de Rosa, de sa personnalité, sa mort supposée... elle s'emporte et demande une peine sévère, notamment sur l'amende. 

L'avocate marseillaise évoque des jugements précédents, jusqu'à 3.000 euros d'amende à Lyon. "La cause animale pénètre les tribunaux" affirme-t-elle en demandant aussi de la prison avec sursis "pour qu'il ait une épée de Damoclès et qu'il réfléchisse réellement la prochaine fois qu'il voudra frapper ou tuer un animal" insiste Maître Ghorbi-Terrin. Avant elle, l'autre avocate des parties civiles, Maître Ghorayeb, qui représente l'association Stéphane Lamart pour la défense des animaux, appuie dans ce sens : "On essaye de faire évoluer la jurisprudence".

Les parties civiles déçues 

La procureure leur oppose les limites du code pénal : "Je ne vais pas travestir une peine par souci médiatique" lance-t-elle en se disant "ni politique ni législateur" et en exposant fermement les faits : selon la loi, il s'agit d'une infraction et non d'un crime, avec un prévenu sans antécédents. La magistrate requiert deux mois de prison avec sursis. 

En sortant, Alexia est abattue : "J'ai l'impression qu'on s'est fait remettre en place en nous disant que notre chat n'était qu'un chat, sans prendre en compte le préjudice, ce que j'ai vu..." déclare la jeune fille. "Maintenant il va falloir vivre à côté de cet homme violent envers les animaux" conclut-elle, des sanglots dans la voix.

Le jugement est tombé dans l'après-midi : le prévenu écope de deux mois de prison avec sursis, 1.000 euros d'amende et 500 euros de dommages et intérêts pour la propriétaire de la chatte. Jugement conforme aux réquisitions du parquet, c'est donc une déception pour les parties civiles. 

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