Faits divers – Justice

Tricastin : du tritium dans la nappe phréatique mais à des taux extrêmement bas, pas dangereux

Par David Meilhac, France Bleu Drôme-Ardèche jeudi 31 octobre 2013 à 10:54

Next up prélève un échantillon d'eau dans le forage d'une famille a Lapalud.
Next up prélève un échantillon d'eau dans le forage d'une famille a Lapalud. © Radio France - Nathalie Rodrigues

Du tritium se trouve bien dans la nappe phréatique, près du site du Tricastin. Mais les taux d'élément radioactif sont à peine supérieurs à ceux qu'on trouve habituellement dans la nature. On ne peut donc pas parler de danger selon la CRIIRAD.

EDF cherche toujours les causes de la fuite de tritium sous la centrale du Tricastin. Une présence anormale de cet élément radioactif dans les eaux souterraines a été détectée cet été. Depuis, des analyses indépendantes ont été faites pour voir si la nappe phréatique avait été contaminée.

"Fuite contenue"

EDF et l'Autorité de Sûreté nucléaire ont toujours assuré que la nappe n'avait pas été touchée. "La fuite de tritium est contenue dans l'enceinte géotechnique", disent-ils. Ce sont des parois en béton de 12 mètres construites sous terre pour enfermer la partie de nappe qui se trouve sous les réacteurs. C'est dans ces eaux qu'ont été repérés des taux anormaux de tritium dès début juillet. Mais rien d'anormal dans la nappe répètent EDF et l'ASN.

Contre-analyse de la CRIIRAD

Mais d'autres analyses ont été menées par un laboratoire indépendant : l'association écologiste Next up s'est inquiétée du sort d'une famille qui habite Lapalud, tout près du site du Tricastin, et qui n'est pas raccordée au réseau d'eau potable. Elle boit l'eau d'un forage. Un échantillon a été analysé par le laboratoire de la CRIIRAD (commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité), et le résultat est positif. Il y a donc du tritium dans la nappe.

Taux infimes de tritium

Simplement, les taux de tritium présents dans la nappe sont infimes. Naturellement, dans l'environnement, dans l'eau de pluie par exemple, il y a moins de 2 becquerels de tritium par litre. Dans les eaux polluées sous les bâtiments réacteurs, on oscille en ce moment autour de 150 becquerels. Et dans l'eau du forage de la famille, la CRIIRAD a mesuré 4 becquerels. 

En clair, ce tritium n'est pas dangereux. La réglementation française considère comme potable de l'eau qui contient jusqu'à 10.000 becquerels par litre. On est bien en dessous de ce seuil. Mais la CRIIRAD estime que les riverains devraient quand même être informés de cette anormalité, d'autant qu'il y a une femme enceinte dans cette famille.

Origine indéterminée

A priori, ce taux un tout petit peu plus élévé de tritium ne vient pas de la fuite de cet été sous la centrale, explique la CRIIRAD. Déjà parce que la nappe phréatique ne s'écoule pas dans le sens, de la centrale vers Lapalud. Et puis elle s'écoule très lentement. Il faudrait donc plus de temps pour que du tritium repéré sous les bâtiments réacteurs fasse son chemin jusqu'au forage de la famille.

L'explication viendrait plutôt de rejets antérieurs. EDF est autorisé à rejeter une certaine quantité de tritium chaque année sous forme gazeuse. De petites particules peuvent donc retomber au sol et peu à peu s'infiltrer dans la nappe.

Les analyses de l'eau révèlent du tritium, en faible quantité.