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Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Joachim Toro

Triple meurtre de Rivesaltes : une "scène de guerre" devant les assises

mardi 25 septembre 2018 à 18:57 Par François David, France Bleu Roussillon

Au troisième jour du procès en appel de Joachim Toro, la Cour d’assises de l’Aude a plongé dans l’horreur du 3 mars 2011. Ce jour-là, trois hommes étaient abattus au fusil de chasse dans une rue de Rivesaltes.

Avocat des parties civiles
Avocat des parties civiles © Maxppp - BOYER Claude

Rivesaltes, France

La scène est d’une violence inouïe. Le 3 mars 2.011, peu après 16 heures, une fusillade fait trois morts en l’espace de deux minutes sur le Quai des Mouettes, à Rivesaltes. Les enregistrements des appels téléphoniques reçus par les pompiers et les gendarmes au moment du drame montrent l’état de choc et de sidération des témoins. « Il y a un type qui tire sur tout ce qui bouge ! », « il y a de nombreux corps sur le sol ! ». « Je suis sur le toit, il y a un fou qui tire sur tout le monde. C’est Toro ! C’est le plombier de Rivesaltes ! »

« Le genre de scène qui vous marquent à vie »

Sur les images de vidéosurveillance diffusées devant la Cour, le tireur apparaît étrangement calme. Alors que la première victime agonise au sol, il se dirige vers deux employés municipaux qui s’affairent sur le trottoir. Il les abat avec son fusil de chasse. Puis il retourne l’arme contre lui. 

Lorsque les secours arrivent sur les lieux, c’est presque une scène de guerre qui se présente à eux. « Le genre de scène qui vous marquent à vie », raconte un gendarme. « J’ai su tout de suite que la nuit serait très longue. Et aussi les semaines qui allaient suivre ».

L'accusé ne lâche rien

Des quatre personnes au sol, Joachim Toro est le seul qui va survivre, même si sa tentative de suicide lui a emporter la moitié du visage. Vont suivre onze jours de coma, deux ans à respirer par un trou et à s'alimenter par une sonde, quatorze opérations pour reconstruire son menton, sa bouche et sa mâchoire. 

Mais sept ans plus tard, dans le box des accusés, Joachim Toro n’a rien d’un infirme ni d’un vieillard, du haut de ses 85 ans. Le regard alerte, les gestes vifs, « cette force de la nature », selon les mots de son avocat, apparaît combatif, bien décidé à « défendre son honneur ». 

Beaucoup de questions sans réponse

Depuis sept ans, l’accusé n’a pas changé de version. Le premier coup de feu serait « accidentel ». Quant aux deux autres, il est incapable d’en dire plus, évoquant une amnésie totale.  

Pour le reste, Joachim Toro ne formule aucune excuse. Totalement autocentré, il semble l’indifférent au drame qu'il a provoqué. 

« C’est une épreuve terrible », témoigne Françoise, sœur de Jean-Philippe Abribat, l’un des deux employés municipaux abattus. « Il ne parle que de lui. Il n’apporte aucune réponse à nos questions »

Françoise, sœur d’une victime

Si Joachim Toro devait choisir lui-même sa peine, il s'infligerait seulement « 15 ans de prison », au lieu des 30 ans prononcés en première instance... « C'est ce qu'il pense mériter », explique la psychologue mandatée pour l’expertiser en prison. « Il n’a fait aucun travail sur lui-même. Il n’éprouve aucun sentiment de responsabilité ». 

Le verdict est attendu vendredi.