Faits divers – Justice DOSSIER : Le procès du triple meurtre de Rivesaltes

Triple meurtre de Rivesaltes : l'accusé se déclare irresponsable

Par Anne-Natacha Bouillon, France Bleu Roussillon mardi 26 janvier 2016 à 11:34

Reconstitution du triple meurtre de Rivesaltes, en décembre 2013
Reconstitution du triple meurtre de Rivesaltes, en décembre 2013 © Maxppp

Joachim Toro, qui a tué de sang-froid trois hommes à Rivesaltes en mars 2011, a présenté ses condoléances aux familles des victimes à l'ouverture de son procès devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. Mais il n'explique toujours pas son geste.

Au premier jour du procès de Joachim Toro, accusé de meurtres et tentatives de meurtres, l'homme âgé de 83 ans a d'abord tenu à lire un texte avant l'ouverture des débats, en sanglotant sur son sort.

"Je présente mes condoléances, je m'expliquerai pour les familles. Je suis coupable mais pas responsable. Depuis je ne fais que pleurer dans ma cellule."  

Un discours de quelques minutes difficile à entendre pour les familles des victimes. A commencer par la mère de Jean Philippe Abribat, l'un des employés municipaaux de Rivesaltes. Jamais Joachim Toro ne les a regardées.

"Il tue et cinq ans après il dit qu'il a du remord, mais c'est pas normal, c'est pas possible. (...)  On veut la vérité, il a toujours Alzheimer. Il dit qu'il ne ne souvient plus, il n'explique pas pourquoi il a fait ça. C'est terrible ce qu"il a fait. Moi je ne lui pardonne pas."

La famille de Jean-Philippe Abribat

L'accusé est complètement dans le déni affirme la psychologue clinicienne Danielle Cany qui l'a examiné deux fois en détention : 

"C'est quelqu'un qui considère avoir été poussé à la faute. Les coupables, ce sont les deux jeunes filles qui lui extorquaient de l'argent. Donc le sentiment de culpabilité n'est pas du tout intégré. Il veut garder intacte une image de soi, respectable. C'est quelqu'un qui est narcissique et veut garder la tête haute."

Danielle Cany, psychologue

Joachim Toro, 83 ans, le cheveu blanc rare sur le crâne, la mâchoire un peu déformée après sa tentative de suicide, n'a aucun mal à s'exprimer avec son accent espagnol. Mais il ne répond pas aux questions du président et des avocats.

Il est obnubilé par son enfance pauvre, la fuite de Franco et les camps d'internement. Et aussi par la mort de son frère, deux mois avant le triple meurtre. Il pleure. Il raconte qu'il est dans le désarroi et souffre d'une grande tristesse.

Il le dit depuis le début, il le répète : il ne se souvient que de l'altercation avec les deux jeunes filles qui lui soutiraient de l'argent. Mais après c'est le trou noir. 

"Je n'ai rien vu venir, je ne suis pas responsable." 

L'homme est décrit par les expert comme quelqu'un de narcissique, qui refuse toute soumission Et surtout, qui tient profondément à son honneur.