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Trois ans après la fusillade au lycée Tocqueville à Grasse, le tireur et son complice jugés à Nice

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Par , France Bleu Azur, France Bleu

Dès ce lundi et jusqu'au 20 mars, la cour d'assises des mineurs des Alpes-Maritimes s'apprête à juger deux adolescents pour tentative d'assassinat et complicité. Il y a trois ans, un lycéen de 16 ans avait ouvert le feu au lycée Tocqueville de Grasse blessant plusieurs élèves et le proviseur.

Le procès de l'adolescent qui avait ouvert le feu le 16 mars 2017 au lycée Tocqueville de Grasse s'ouvre lundi 2 mars
Le procès de l'adolescent qui avait ouvert le feu le 16 mars 2017 au lycée Tocqueville de Grasse s'ouvre lundi 2 mars © Maxppp - Franck Fernandes

Les policiers étaient intervenus en masse le 16 mars 2017 au lycée Alexis de Tocqueville à Grasse. Un élève de 16 ans, scolarisé en classe de première, venait d'ouvrir le feu, blessant plusieurs élèves et le proviseur de l'établissement. Cette fusillade reste comme un traumatisme pour de nombreux lycéens, enseignants et parents d'élèves. "C'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de mort" souligne un avocat de la partie civile. 

A-t-il voulu reproduire la tuerie de Colombine ?

Le dossier compte 25 parties civiles, parmi lesquelles d'anciens élèves blessés et enseignants, ainsi que le proviseur Hervé Pizzinat qui s'était interposé pour tenter de raisonner le tireur et avait reçu une balle dans le bras. Le principal accusé était entré vers 12h30 dans son lycée, armé entre autres d'un fusil de chasse, de grenades artisanales, d'un revolver

Des armes qu'il avait récupéré pour partie chez son grand-père selon les premiers éléments de l'enquête. Il avait blessé au moins cinq personnes. Les policiers avaient fini par le désarmer peu après 13 heures. Il aurait été aidé dans ses préparatifs par un complice, un jeune homme non-scolarisé âgé de 17 ans au moment des faits, qui comparait libre (il est sorti de détention provisoire il y a un an). 

Le jeune tireur a-t-il voulu reproduire la tuerie de Colombine, fusillade de masse survenue en 1999 dans un lycée du Colorado aux Etats-Unis ? Deux élèves avaient tué 15 personnes. Le scénario est ressemblant. L'accusé était fasciné par les armes, les premiers éléments de l'enquête et l'analyse de ses profils sur les réseaux sociaux  avaient révélé son attrait pour la violence, les serial killers, les tueries de masse dont celle de Colombine, à travers des vidéos, morceaux de musique ou photos qu'il partageait. 

Le lycéen, décrit par des élèves comme "solitaire", avait dressé une liste d'une dizaine de noms de lycéens contre lesquels il avait l'intention de se venger. Se sentait-il harcelé ? A -t-il agi par haine ? Dans quel état psychologique se trouvait -il réellement au moment des faits ? Des questions auxquelles les jurés tenteront d'obtenir des réponses afin de fixer une peine juste.

"On pensait que c'était un attentat"

Une attaque traumatisante qui avait suscité de l'angoisse chez un certain nombre d'élèves qui avaient eu du mal à retourner en cours, accompagnés par une cellule psychologique mise en place au sein de l'établissement. 

Marie (son prénom a été changée, elle souhaite rester anonyme) était en cours d'histoire-géo quand la fusillade a éclaté, elle a d'abord cru à un attentat durant plusieurs minutes. Huit mois plus tôt, à Nice, l'attentat au camion faisait 86 morts sur la Promenade des anglais.

Notre professeur a vu une personne armée dans la cour, il y a alors eu un mouvement de foule, c'était sauve qui peu, on a tous couru. Il n'y a qu'une entrée principale par les marches du lycée, de crainte qu'il y ait plusieurs personnes armées, nous avons escaladé les grands grillages, je me souviens m'être griffée le ventre. C'est choquant bien-sûr, j'ai des amis qui ne voulaient plus venir au lycée. 

Marco raconte qu'il était lui devant la cantine quand il a vu le lycéen tirer au fusil sur des vitres."J'étais avec une camarade, on s'est enfuis à temps, on a prévenu des gens devant le lycée qui arrivaient en voiture de ne pas entrer. On a cru que c'était un attentat. Le jour du retour au lycée, quand l'alarme incendie a retenti accidentellement, certains se sont effondrés en larmes au son de cette sirène d'alerte qui avait retenti pour prévenir de l'attaque."

Une maman d'élève raconte que son fils a été "très perturbé par cette fusillade". Elle raconte qu'il jouait au foot lorsqu'il a aperçu le tireur armé qui les visait lui et ses amis : "c'était un jeune qu'il appréciait, il a pensé que c'était un acte terroriste, il s'est dit je vais mourir aujourd'hui."

Cette mère de famille, membre à l'époque de l'association des parents d'élèves du lycée salue à nouveau "le courage du proviseur", Hervé Pizzinat. Il s'était interposé pour tenter de dialoguer avec le lycéen, de le désarmer mais avait reçu une balle dans le bras. Il a été fait chevalier, trois semaines après les faits, de la légion d'honneur. "C'était un homme bienveillant, empathique, à l'écoute et au service de ses élèves. Il a changé d'établissement ensuite, et on le sentait très atteint par le fait de ne pas avoir convaincu le tireur de s'arrêter."

Les deux accusés, le tireur et son complice, mineurs au moment des faits, encourent jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Le procès débute à 14 heures ce lundi. L'accusé sera défendu par le très médiatique avocat Eric Dupont Moretti. Le lundi 2 mars à 14h00 va s’ouvrir devant la Cour d’Assises des Mineurs de Nice un procès hors norme.

Les avocats du Barreau de Grasse toujours en grève contre la réforme des retraites et déterminés à faire entendre la cause de la profession se rassembleront devant le palais de justice de Nice lundi à 13h30. "Au-delà du projet actuel de réforme des retraites, le gouvernement souhaite poursuivre ses réformes notamment sur la justice pénale des mineurs et l’aide juridictionnelle. L’accès à l’avocat ne doivent pas être de vains mots de façade." précise le bâtonnier dans un communiqué. 

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