Faits divers – Justice

Trois ans de prison ferme pour des parents violents

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon mercredi 25 juin 2014 à 8:54

Bébé qui pleure (illustration)
Bébé qui pleure (illustration) © Creative commons - James Williams

Un jeune couple de Canet-en-Roussillon avait maltraité ses triplés âgés de seulement quelques semaines. Les enfants présentaient de multiples fractures.

L'alerte est donnée le 1er janvier 2010. Un des petits garçons est emmené d'urgence à l'hôpital de Perpignan. Il n'a pas encore deux mois. Les médecins décèlent de multiples fractures à la tête, et un début d'hémorragie. Les deux autres triplés sont examinés dans la foulée. Ils présentent le même type de traumatismes : des hématomes, des coups sur les côtes... "Des enfants brisés " dit le président du tribunal . Les experts ont d'ailleurs conclu à des violences intentionnelles et répétitives en seulement un mois, entre fin novembre 2009 et fin décembre 2009.

Le père et la mère s'accusent mutuellement

Mais qui a fait ça ? "Que s'est-il passé ? " martèle le président du tribunal, car aujourd'hui encore le doute persiste sur le rôle de chacun. "C'est lui " dit la mère, en visant son compagnon. le père marmonne et lui renvoie l'accusation. Les deux sont aujourd'hui séparés. Personne en tout cas ne donne une explication claire sur ces blessures.

A l'époque des faits, la famille vivait à cinq (deux adultes et les trois triplés) dans un appartement de 40 m². Pas de nounou, peu d'aide de la famille. Un choix des parents, âgés à l'époque de 21 et 31 ans. Difficile de savoir qui a fait quoi dans l'intimité familiale.

"Même les animaux ne font pas ça" (le procureur)

Les rapports psychiatriques accablent la mère : aucune émotivité, immaturité, détachement. Le père manque d'empathie et ses réactions sont impulsives. Pendant le procès, la grand-mère maternelle pleure au fond de la salle. C'est elle qui garde les enfants aujourd'hui. "Je suis triste aussi " déclare la prévenue de 26 ans . "Ca ne se voit pas " répond le procureur, et d'insister : "Même les animaux ne font pas ce genre de choses, on est en dessous d'un comportement humain ". Alors même si on ne sait pas qui a frappé et qui n'a rien dit, le tribunal juge les deux parents coupables, sans distinction. Trois ans de prison ferme pour chacun .

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