Faits divers – Justice

Trois ans de prison ferme pour un pédophile interpellé dans le magasin Décathlon à Saint-Maur

Par Justine Dincher, France Bleu Berry lundi 19 septembre 2016 à 17:36

(Image d'illustration d'une salle d'audience du tribunal de Châteauroux)
(Image d'illustration d'une salle d'audience du tribunal de Châteauroux) © Maxppp - A. SAVARIS

Vendredi, un homme de 37 ans a été interpellé dans les rayons du magasin Décathlon à Saint-Maur, dans l'Indre, après l'agression sexuelle de deux sœurs de quatre et six ans. Le tribunal correctionnel de Châteauroux l'a condamné à trois ans de prison ferme. C'est un multi-récidiviste.

Il était sorti de prison il y a neuf mois. Mickaël P. a été condamné en comparution immédiate, à trois ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Châteauroux. Vendredi soir, cet homme de 37 ans a été interpellé dans les rayons du magasin Décathlon à Saint-Maur, après l'agression de deux fillettes. A plusieurs reprises dans le passé, l'accusé avait déjà été condamné pour des faits d'agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans.

Deux petites victimes agressées dans le rayon équitation

Vendredi, l'alerte a été donnée par la maman des deux fillettes et le vigile du magasin Décathlon. Ce résident de la ferme thérapeutique Blanche-de-Fontarce à Châteauroux venait d'agresser deux petites filles en leur "caressant les fesses, les cuisses et le sexe". L'homme a profité du fait que la mère de famille soit en train de choisir des articles d'équitation pour s'en prendre aux enfants qui patientaient à quelques mètres.

Lors de sa garde à vue, l'homme a nié les faits. Devant le tribunal, il a reconnu pour la première fois l'agression de Catherine* , quatre ans : "oui, j'ai cédé à une pulsion. (...) J'ai touché ses fesses, et puis c'est tout". La grande sœur, âgée de 6 ans et demi, raconte avoir subi les mêmes sévices : "je ne m'en souviens pas, j'ai un trou", a déclaré l'accusé lors de l'audience.

Le vigile du magasin l'avait repéré depuis quatre jours

Sur les images de vidéo-surveillance, le vigile du magasin a assisté à la scène. "Ca l'a fait sourire et il semblait excité", a raconté l'employé de sécurité. Depuis le début de la semaine, le vigile avait repéré cet homme au comportement suspect qui venait tous les soirs, sans rien acheter, et qui s'approchait des enfants.

Mickaël P. a déjà été condamné de nombreuses fois pour des faits similaires, en 2000 et en 2007 notamment. Depuis sa sortie de prison en début d'année, il portait un bracelet électronique. Il était convoqué tous les mois chez le psychologue, tous les trois mois chez le psychiatre. Il vivait et travaillait au foyer Blanche-de-Fontarce à Châteauroux.

Un problème dans son suivi psychiatrique

A la barre, Maître Julio Odetti n'a pas cherché à excuser son client, condamné plusieurs fois depuis 16 ans dans des affaires d'agressions sexuelles sur mineurs. Il a regretté son faible suivi psychologique et psychiatrique : "ce n'est pas une surprise qu'il ait recommencé ! Le suivre par bracelet, c'est bien. Lui faire faire des travaux d'intérêt généraux, c'est très bien. Mais si vous ne le suivez pas au niveau du psychisme, vous ne faites rien", explique son avocat, "cet homme est malade, il faut mettre des moyens pour guérir ses personnes qui représentent un danger".

Pour Maître Odetti, ce pédophile est une victime devenue agresseur. Mickaël aurait en effet été violé à l'adolescence. "Il n'a jamais eu de rapport sexuel normal", raconte son défenseur.

Le tribunal correctionnel de Châteauroux l'a condamné à trois ans de prison ferme, suivant les réquisitions du substitut du procureur de la République, Lionel Josserand.

* Pour préserver l'identité des victimes le prénom a été modifié.

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