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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Prison ferme pour les trois gilets jaunes qui avaient incendié la mairie de Bonnée dans le Loiret

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Par , , France Bleu Orléans

Trois gilets jaunes ont été condamnés ce vendredi après-midi par le tribunal correctionnel de Montargis pour avoir volontairement incendié la mairie de Bonnée, dans le Loiret, dans la nuit du 19 au 20 décembre, ainsi qu'un radar automatique. Les peines vont de quatre à huit mois de prison ferme.

Palais de justice de Montargis
Palais de justice de Montargis © Radio France - François Guéroult

Montargis, France

Trois hommes de 21 ans, 31 ans et 38 ans ont été condamnés ce vendredi après-midi à des peines de prison ferme en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Montargis. Ces "gilets jaunes" avaient incendié la mairie de Bonnée, dans le Loiret, dans la nuit du 19 au 20 décembre 2018, après avoir tenté de mettre le feu au radar automatique des Bordes. Les dégâts sont estimés à 154.000 euros.

Deux gilets jaunes placés en prison à l'issue de l'audience

Le plus jeune écope de dix-huit mois de prison, dont quatre mois fermes (auxquels s'ajoutent 4 mois d'une précédente condamnation dont le sursis est révoqué), les deux autres sont condamnés à dix-huit mois, dont huit mois de prison ferme. Les deux hommes âgés de 21 et 38 ans ont été immédiatement incarcérés, le troisième aura rendez-vous prochainement avec le juge d'application des peines. A l'audience, le procureur de la République Loïc Abrial avait réclamé des "sanctions exemplaires" et parlé d'actes "idiots et choquants" : "Ce n'est pas un mouvement social que l'on juge, ce sont des délinquants au comportement inadmissible et dangereux", a-t-il insisté. 

L'avocat des gilets jaunes parle de "laissés pour compte"

Les trois prévenus, des gilets jaunes habitués du rond-point Tournebride à Bray-Saint-Aignan, ont reconnu leur geste : ils voulaient s'en prendre à "un symbole de l'Etat" et faire "une action spectaculaire". Ils ont d'abord tenté, ce soir-là, d'incendier le radar automatique des Bordes, mais le feu n'a pas pris (le radar a depuis été détruit, mais on ne sait pas par qui). Ils se sont donc rabattus sur la mairie de Bonnée, choisie a priori au hasard, même si l'un des incendiaires a indiqué que c'était par vengeance, parce qu'ils croyaient à tort que les services techniques de Bonnée étaient intervenus pour nettoyer le rond-point Tournebride après leur évacuation par les forces de l'ordre quelques jours plus tôt (il s'agissait en fait des services techniques de Bray-Saint-Aignan). En tout cas, ils ont brûlé 4 pneus contre la porte de la mairie de Bonnée, l'incendie s'est ensuite propagé à tout le rez-de-chaussée, le plafond a été très endommagé.

Leur avocat Me Yannick Lysan a expliqué qu'ils s'étaient "laissés entraîner" par le mouvement des gilets jaunes, décrivant des "laissés pour compte, sans emploi régulier, dans une démarche de désespoir : "pour moi, ce sont des gens qui souffrent, au profil similaire", a-t-il plaidé. D'autres similitudes sont d'ailleurs apparues lors du procès : de lourds casiers judiciaires (4, 6 et 13 condamnations selon les cas, notamment pour vols et dégradations), la consommation d'alcool et de stupéfiants (l'un d'entre eux a reconnu consacrer 120 € par mois à l'achat de cannabis).

Une poignée de Gilets Jaunes ont assisté au procès

Michel Auger, le maire de Bonnée, est venu à l'audience. Il se dit attristé par toute cette affaire : "Je trouve ça déplorable de voir des gens qui sont déjà dans le besoin se mettre dans des situations pareilles ! Pourquoi s'attaquer à une mairie, alors qu'une mairie, c'est un service de proximité ? Les habitants de notre commune ont été très choqués, il y a des anciens qui se sont battus pour notre liberté qui sont venus me voir la larme à l’œil..." Réaction à écouter ici :

Michel Auger, le maire de Bonnée à l'issue du procès

Une poignée de Gilets Jaunes du rond-point de Bray-Saint-Aignan ont aussi assisté au procès. Tout en déplorant l'acte de vandalisme, ils tenaient à apporter leur soutien à leurs camarades. C'est le cas de Sylvie, qui refuse de donner son nom "parce qu'on vit dans une dictature" : "Je pense qu'on est triste de les voir partir en prison. Nous, à Tournebride, on est des pacifiques ; à part quand on a muré l'entrée du centre des impôts de Sully-sur-Loire, on avait bien dit qu'il ne fallait pas dégrader. Là, je suis déçue, c'est incompréhensible, je crois que c'est un pétage de câble des trois ; en tout cas, ils ne l'ont pas dit aux autres. Aujourd'hui, on n'est pas venu en Gilets Jaunes, on est venu en amis parce qu'il y a une famille dans ces ronds-points : nous, on soutient non pas l'action qu'ils ont faite, mais les humains qu'ils sont". Témoignage à retrouver ci-dessous :

Sylvie, Gilet Jaune présente au procès