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Dans les rues de Strasbourg, ce mardi soir.

Attaque mortelle à Strasbourg : ce que l'on sait de la fusillade qui a fait au moins trois morts et 13 blessés

Faits divers – Justice

Trois lycéens de Seine-Saint-Denis et leur professeure attaquent l'Etat pour "discrimination raciale"

lundi 10 avril 2017 à 19:00 Par Rémi Brancato, France Bleu Paris et France Bleu

Contrôlés par la police en gare du Nord, au retour d'un voyage de classe, le 1er mars dernier, trois lycéens se disent victimes de "discrimination raciale". Ils assignent l'Etat devant le tribunal de grande instance de Paris.

Mamadou et Zakaria entourés de leur professeure, Elise Boscherel, et de leur avocat, Slim Ben Achour
Mamadou et Zakaria entourés de leur professeure, Elise Boscherel, et de leur avocat, Slim Ben Achour © Radio France - Rémi Brancato

Gare du Nord, Paris, France

Le 1er mars dernier, Elise Boscherel professeure de lettres et d'histoire géographie au lycée Louise Michel d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) rentre de voyage scolaire avec une classe de terminale. Les élèves ont découvert les institutions européennes à Bruxelles et arrivent en gare du Nord à Paris, aux alentours de 20h. Trois d'entre eux font alors l'objet d'un contrôle de police: Ilyas, Mamadou et Zakaria.

"Ils n'avaient strictement rien fait" dénonce leur professeure

Tutoyé par un agent, palpé, fouillé, Mamadou ne comprend pas : "je lui pose la question : 'pourquoi vous me contrôlez?', il n'y avait pas de raison, c'est parce que je suis black", estime le lycéen. "Zakaria avait sa valise ouverte, Mamadou s'est fait tirer par le bras alors qu'ils n'avaient strictement rien fait", témoigne sa professeure, qui tente de s'interposer. "C'est une violation de la vie privée on ne peut pas déballer les affaires de n'importe qui sur le quai", estime encore Mamadou, qui s'est senti "humilié, révolté".

Les lycéens estiment avoir été discriminés lors de ce contôle de police.

Leur professeure s'interpose d'abord sans succès, puis, se sentant en danger, crie qu'elle est enceinte et demande à ses élèves de quitter les lieux, mettant fin au contrôle. Suite à cet incident, Elise Boscherel lance un "appel contre les discriminations lors de sorties scolaires", largement relayé.

Aujourd'hui, c'est vers la justice qu'elle se tourne, avec ses élèves. Avec leur avocat Slim Ben Achour, ils attaquent l'Etat pour "discrimination raciale", une action civile en responsabilité devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. "Une dame âgée blanche s'est arrêtée et a précisé que elle n'était jamais contrôlée et tenait à le faire savoir, donc on est probablement dans un contrôle discriminatoire", estime Slim Ben Achour. En novembre dernier, dans une procédure similaire, il a obtenu la condamnation de l'Etat pour contrôle au faciès. Mais "une décision de la cour suprême ne change pas la loi", rappelle l'avocat pour justifier cette nouvelle action.

"Je me suis senti humilié, révolté" raconte Mamadou

"Les contrôles de routine ne concernent que des personnes perçues comme étant des quartiers"

Selon lui "à plus de 95% les contrôles ne permettent d'élucider aucune infraction, cela ne sert rien et c'est dangereux (...) les sciences sociales nous permettent de savoir que les contrôles de routine sont des contrôles qui ne concernent que des personnes perçues comme étant des quartiers". Avec cette action en justice, il entend aussi remettre en avant la question du récipissé de contrôle d'identité, mesure porté par certains candidats à la présidentielle et qui "permettrait de pacifier et d'éviter beaucoup de violences et de tensions" selon lui.

"Nous pensons que c'est après de nombreuses condamnations que l'Etat sera contraint de changer sa loi" dit l'avocat Slim Ben Achour

Sollicité, le ministère de l'Intérieur n'a pas donné suite à nos demandes.