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Dossier : Coronavirus

Montargis : trois prévenus accusés d'avoir prostitué une ado de 14 ans relâchés en raison du coronavirus

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Orléans, France Bleu

C’est une information exclusive France Bleu Orléans, trois individus soupçonnés à Montargis de proxénétisme sur une adolescente de 14 ans n’ont pas été incarcérés mais laissés libres et placés sous contrôle judiciaire en raison du coronavirus.

En raison du coronavirus, trois individus soupçonnés à Montargis de proxénétisme sur une adolescente de 14 ans n’ont pas été incarcérés mais laissés libres et placés sous contrôle judiciaire
En raison du coronavirus, trois individus soupçonnés à Montargis de proxénétisme sur une adolescente de 14 ans n’ont pas été incarcérés mais laissés libres et placés sous contrôle judiciaire © Radio France - Pierre-Antoine Lefort

A l'issue d'une enquête menée par la police de Montargis, trois prévenus, soupçonnés de proxénétisme sur une adolescente de 14 ans, ont été relâchés et placés sous contrôle judiciaire mercredi 18 mars par le juge des libertés et de la détention de Montargis. Le procureur de Montargis, Loïc Abrial avait demandé lui leur placement en détention provisoire. 

Placés sous contrôle judiciaire au lieu d'aller en prison

Le magistrat a justifié sa décision au regard d’une circulaire du 14 mars dernier du Ministère de la Justice. Dans ce courrier, la Chancellerie demande à l’activité pénale et civile des juridictions de s’adapter face à l’épidémie de coronavirus. Exemple : pour éviter l'extraction des prisonniers, les procès par vidéo-conférence seront privilégiés.

Le juge des libertés et de la détention de Montargis en a fait semble-t-il une interprétation toute particulière. La surpopulation dans les prisons étant selon lui un facteur aggravant de la propagation du virus, il estime que si certaines conditions sont respectées, si on peut éviter d’incarcérer ce n’est pas plus mal. C’est cette voie qu’il a choisi dans cette affaire pourtant très grave.

L'adolescente séquestrée et livrée à la prostitution

Entre février et mars dernier, un jeune couple originaire de la banlieue parisienne et un montargois ont séquestré et livré à la prostitution une adolescente de 14 ans, échappée d’un foyer du Val de Marne. Des dizaines de passes par jour dans un appartement près du château d’eau de Montargis mais aussi dans des hôtels à Orléans et Blois, 100 euros la demi-heure, parfois 300 euros voire plus pour des rapports non protégés. L’adolescente ne dormait qu’entre 4 heures et 10 heures le matin.

Le proxénète en état de récidive légale, âgé de 24 ans, sa compagne de 19 ans et le logeur de Montargis, un homme de 27 ans ont tous les trois été relâchés et placés sous contrôle judiciaire. Toujours hospitalisée, "détruite" selon une source proche de l’enquête, la jeune fille a été retrouvée par la police samedi dernier errante dans les rues de Montargis.

Pas d'obligation de pointer au commissariat, un risque de fuite

Pour le procureur de la République de Montargis, Loic Abrial, plusieurs éléments prévus par dans la procédure pénale justifiaient ses réquisitions de placement en détention : "il y a un risque de non présentation des prévenus au moment de leur procès, le 6 mai 2020. Et un risque de pression sur la victime, particulièrement fragile et toujours sous emprise".

Je suis très inquiet

"Dans le contexte actuel, on ne requiert la détention que lorsqu'on ne peut pas faire autrement, c'est évident, mais là, vu la gravité des faits et la peine encourue, c'était justifié". Le parquet précise qu'il a pris des mesures pour protéger la victime, et pour éviter qu'elle ne retombe aux mains de ceux qui lui ont profité d'elle. "Mais je suis inquiet" précise Loic Abrial. 

Pas de mot d'ordre absolu dans la circulaire

Contacté, le syndicat de la magistrature ne commente pas la décision du juge de Montargis. "Il n'y a pas de mot d'ordre général et absolu de ne pas envoyer les gens en prison" dans la circulaire du 14 mars. Mais le syndicat précise qu'il redoute "une catastrophe sanitaire dans les prisons françaises"

Un appel formé par le parquet de Montargis

Le parquet de Montargis annonce, lui, qu'il fait appel de cette décision du juges des libertés et de la détention, alors même que la loi ne le prévoit pas dans la procédure de comparution à délai différée, une procédure nouvelle instaurée en 2019 et encore peu utilisée. Mais il souhaite ainsi permettre à la chambre criminelle de la cour de Cassation, la plus haute juridiction française, de dire le droit. 

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