Faits divers – Justice

Trois soeurs fauchées sur l'A7, la famille refuse le non-lieu

Par Nathalie De Keyzer, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 6 septembre 2016 à 14:15

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image d'illustration © Radio France - Nathalie de Keyzer

La famille des trois adolescentes marseillaises tuées sur l’autoroute A7 en 2012 à hauteur du tricastin, demande la ré-ouverture du dossier. L'audience a eu lieu ce mardi matin à la chambre de l'instruction de Grenoble.

Ce terrible accident est resté dans les mémoires. Trois adolescentes marseillaises tuées sur l'autoroute A7, le 17  mars à la hauteur du Tricastin. Trois sœurs de 12 , 13 et 19 ans qui étaient rentrées à pied sur les voies de circulation, sans doute pour faire du stop afin de rentrer chez elles. Mais elles ont été percutées par plusieurs véhicules vers 23H30 et sont décédées sur le coup. A l'époque leur famille avait porté plainte, le parquet après plusieurs mois d’enquête avait classé sans suite. Une première fois la famille avait refusé cette décision et déposé une seconde plainte auprès du doyen des juges d'instruction, qui avait conclut à un non lieu. Mais là non plus la famille n'accepte pas. L'avocate de la maman a donc fait appel de cette décision devant la chambre de l’instruction de Grenoble. L'audience s'est tenue ce mardi matin.

Délaissement et mise en danger

L'avocate de la famille, Maître Sabrina Hachouf du barreau de Marseille est persuadée que ces trois sœurs ont été délaissées et mises en danger. Les adolescentes avaient pris un train à Marseille pour  monter à Lyon. Sans billet, elles ont été sorties du train en gare de Pierrelatte par les contrôleurs SNCF. C'est ensuite qu'elles ont pénétré sur l'autoroute. Pour la famille, la SNCF a été négligente. Les contrôleurs ont délaissé des personnes vulnérables. L' avocate souhaite aussi la mise en examen des CORG (centre d'opérations et de renseignements de la gendarmerie) du Vaucluse et de la Drôme. Elle estime qu'ils n'ont pas été assez réactifs. Car d'après elle, des automobilistes sur l’ A7 auraient signalé la présence des jeunes filles sur les voies 47 minutes avant l'accident.  Mais aucune patrouille n'est arrivée assez vite pour éviter l'accident.

Décision le 4 octobre 

Ce mardi matin à Grenoble le procureur a réutilisé les arguments des magistrats de Valence, pour demander à nouveau un non-lieu. Selon lui, aucune faute, aucune erreur n'est à reprocher aux contrôleurs SNCF puisque les 2 adolescentes mineures étaient sous la responsabilité de leur grande sœur majeure. Elles n'ont donc pas été délaissées. Quant aux gendarmes ils sont arrivés aussi vite que possible. La chambre de l’instruction dira le 4 octobre si le non-lieu est confirmé ou s'il faut mettre en examen la SNCF et les gendarmeries.