Faits divers – Justice DOSSIER : Le procès AZF

Troisième procès AZF : trois ans de prison avec sursis et des amendes requis

Par Jean-Marc Perez, Stéphane Garcia et Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse et France Bleu jeudi 18 mai 2017 à 15:06 Mis à jour le vendredi 19 mai 2017 à 8:14

La salle d'audience de la cour d'appel de Paris
La salle d'audience de la cour d'appel de Paris © Radio France - vanessa marguet

Dans le troisième procès de la catastrophe AZF, le parquet général de la cour d'appel de Paris a requis ce 18 avril, trois ans de prison avec sursis contre l'ancien directeur de l'usine et 225.000 euros d'amende contre Grande Paroisse, la filiale de Total propriétaire du site.

À l'issue de deux jours et huit heures de réquisitions, les deux avocats généraux de la cour d'appel de Paris ont demandé ce jeudi, d'une part trois ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende contre Serge Biechlin l'ancien directeur de l'usine AZF de Toulouse et d'autre part 225.000 euros d'amende contre Grande Paroisse, la filiale de Total exploitant le site. Des réquisitions qui correspondent pratiquement (trois ans de prison dont un an ferme pour Serge Biechlin) aux peines prononcées lors du deuxième procès en appel.

L'un des deux avocats généraux a affirmé que des peines plus lourdes auraient pu être demandées pour sanctionner des fautes "délibérées" mais que le délais entre les faits et ce procès devait" profiter aux prévenus". La veille, son collègue avait affirmé "qu'il n'y avait pas de mystère AZF" et que la catastrophe du 21 septembre 2001 qui a fait 31 morts était due à un accident consécutif à des "fautes lourdes".

Le procès est retransmis au centre des congrès Pierre Baudis à Toulouse. - Radio France
Le procès est retransmis au centre des congrès Pierre Baudis à Toulouse. © Radio France - Bénédicte Dupont

À Toulouse, depuis la salle de congrès Pierre Baudis, à Compans-Caffarelli, où une soixantaine de personnes ont suivi les réquisitions. "On dit que ce n'est jamais assez par rapport aux victimes, reconnait Marilyne, 55 ans à la sortie de l'audience. Mais seize ans après il faut tourner la page, même si la douleur, on ne l'oubliera jamais." Même son de cloche pour Caroline, Toulousaine de 36 ans : "On se demande si le combat est vraiment terminé, s'il va y avoir encore un renvoi et le plus redoutable serait pour nous de repartir en Cassation".

Après quatre mois de procès à Paris et retransmis à Toulouse, les plaidoiries de la défense auront lieu les 23 et 24 mai. Le jugement sera ensuite mis en délibéré et prononcé dans plusieurs semaines.

"Les familles s'attendent déjà à un quatrième procès, tout est possible ! "

L'invitée de France Bleu Toulouse ce vendredi 19 mai était Stella Bisseuil, l'avocate des familles endeuillées. Elle est interrogée par Bénédicte Dupont. Vous pouvez l'écouter en cliquant ci-dessous.

L'INVITÉE EN UN CLIC - Me Stella Bisseuil, avocate des familles endeuillées (5'32'')

Total n'a cessé de mentir et de lancer des contrefaits comme cette histoire de nitro-cellulose. Ils ont toujours indiqué qu'ils feraient tous les recours possibles. Les familles s'attendent à tout, y compris un quatrième procès. — Me Stella Bisseuil, avocate de l'association des familles endeuillées

L'avocate toulousaine Stella Bisseuil défend l'association des familles endeuillées par AZF. - Radio France
L'avocate toulousaine Stella Bisseuil défend l'association des familles endeuillées par AZF. © Radio France - Bénédicte Dupont

► LIRE AUSSI: la place de Total au cœur des débats au deuxième jour du procès en appel