Faits divers – Justice

"Tuer du flic, c'est presque plus une problématique pour les délinquants" dit un policier de Dordogne

Par Antoine Balandra, France Bleu Périgord mercredi 19 octobre 2016 à 16:55

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Police © Maxppp - Maxppp

Les policiers sont inquiets, fatigués, et ils en ont ras le bol. Depuis plusieurs jours maintenant ils manifestent de façon spontanée partout en France. En Dordogne aussi, les policiers disent avoir besoin de plus de moyens et veulent des sanctions plus dures contre les délinquants.

La colère des policiers ne retombe pas. Les syndicats étaient reçus ce mercredi soir par les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Bernard Cazeneuve et Jean-Jacques Urvoas.

Plusieurs manifestations spontanées ont encore eu lieu hier à Paris, mais aussi à Toulouse, Marseille, ou encore Nice. Elles se multiplient depuis le premier rassemblement sur les Champs Elysées dans la nuit de lundi à mardi. Le syndicat Unité SGP FO Police appelle à une marche silencieuse le 26 octobre à 12h à Paris et dans les régions.

Le syndicat doit décider dans les prochaines heures si une marche aura lieu en Dordogne, où si les policiers périgourdins se rendront à la marche de Bordeaux. Les policiers ne se sentent plus reconnus. Ils veulent plus de moyens, être mieux considérés aussi. Surtout depuis la tentative d'assassinat sur plusieurs de leurs collègues au cocktail Molotov à Viry Châtillon. Car la violence augmente contre les policiers, même en Dordogne déplore Cyril Leyma, délégué départemental adjoint du syndicat UNITE SGP Police FO et policier à la BAC de nuit à Bergerac.

"Il y a une banalisation des actes de violence, même en Dordogne" dit-il

Le délégué syndical parle de délinquants qui jettent des pierres aux policiers, des projectiles, qui en viennent au main. Les policiers demandent donc plus de moyens, des patrouilles à 3 dans les zones à risque, des blindages dans les véhicules, des gilets pare balles légers, l'anonymat des policiers engagés dans la lutte contre le terrorisme, ou encore la tolérance 0 pour les agressions sur les agents de la force publique.

Réaction de Cyril Leyma du syndicat Unité SGP FO Police Dordogne

"Il y a un ras le bol, parce qu'on est à un moment où la police qui est censée protéger la population se demande maintenant qui va protéger les policiers". En Dordogne, le manque d'effectifs est encore plus criant car la nuit quand un équipage intervient, il ne peut compter que sur lui même"' dit Pascal Protano, ancien policier de Périgueux du syndicat Alliance, aujourd'hui maire de Coursac.

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