Faits divers – Justice

Tunisie : le bilan passe à 22 morts

France Bleu jeudi 19 mars 2015 à 8:11 Mis à jour le vendredi 27 mars 2015 à 13:25

Les forces spéciales tunisiennes autour du musée Bardo, à Tunis.
Les forces spéciales tunisiennes autour du musée Bardo, à Tunis. © Maxppp

Vingt-deux personnes, dont quatre Français, sont mortes dans une attaque terroriste ce mercredi au musée du Bardo, à Tunis. Pour l’heure, l’attentat n’a pas encore été revendiqué ; mais neuf suspects ont été interpellés, a annoncé la présidence tunisienne jeudi à la mi-journée.

Que s’est-il passé ?

L’attaque a démarré aux alentours de 12h30, ce mercredi : au moins deux assaillants ont ouvert le feu sur les touristes qui descendaient de leurs bus, devant le musée du Bardo, le plus grand musée de Tunisie, à Tunis. Ils sont ensuite entrés dans le musée où ils se sont retranchés. "Ils étaient à presque dix mètres, ils tiraient sur tout ce qui bouge ", a raconté un témoin espagnol de la scène.

L’attaque du musée a duré environ quatre heures. Dans le parlement mitoyen, où était discuté un projet de loi antiterroriste, les coups de feu ont provoqué un mouvement de panique, mais des parlementaires se sont rassemblés dans l’escalier pour chanter l’hymne national . Aux alentours de 15h, les forces tunisiennes ont donné l’assaut. Deux assaillants ont été tués dans l’opération.

Qui sont les victimes ?

Il y a en tout 20 victimes : les autorités ont annoncé jeudi matin la mort de l'un des blessés graves, aggravant le bilan de l'attaque. Ce sont essentiellement des touristes : sur les 21 morts,, 19 sont des étrangers, dont deux Français, a confirmé mercredi soir l’Elysée . Outre ces deux ressortissants français, les autres victimes sont, selon le ministère de la Santé : "un Italien, une Belge, un Colombien, trois japonaises Japonais, un Polonais, un Australien, deux Espagnols et une Anglaise ". Plus tôt, le Premier ministre avait avancé un bilan différent, contesté notamment par le Japon.

Les morts tunisiens sont deux policiers , selon les dernières informations communiquée par Manuel Valls ce jeudi midi. Il y a également quarante-quatre personnes blessées, dont six Tunisiens et sept Français (dont un grièvement blessé).

Qui sont les assaillants ?

On ne le sait pas encore, car l’attaque n’est pas revendiquée. Selon les premiers éléments révélés par les autorités, il s’agit de deux hommes de nationalité tunisienne, a confirmé ce jeudi matin sur RTL le Premier ministre tunisien. Pour Mohsen Marzouk, conseiller du président tunisien, l’attaque "vise notre économie" , c’est-à-dire le tourisme, secteur majeur en Tunisie.

Une enquête est menée pour déterminer si les deux tireurs abattus ont agi avec l’aide d’un complice. En début d'après-midi jeudi, la présidence a annoncé avoir interpellé neuf personnes soupçonnées d'être impliquées. Les enquêteurs tentent également de confirmer que les deux hommes étaient bel et bien affiliés à une filière djihadise  : depuis la révolution de janvier 2011, la Tunisie a vu émerger une mouvance djihadiste, avec notamment un groupe lié à Al-Qaïda, la Phalange Okba Ibn Nafâa.

Comment la Tunisie a-t-elle réagi ?

Cette attaque est la première à toucher des étrangers depuis la révolution de janvier 2011. Elle a un retentissement particulier, car la Tunisie est à la fois le foyer du Printemps Arabe de 2011, et le seul à ne pas avoir rendu le pouvoir à une force autoritaire. Mercredi soir, plusieurs centaines de Tunisiens ont manifesté dans les rues de Tunis en scandant "Tunisie libre, le terrorisme dehors ".

Les Tunisiens unis contre le terrorismepar FranceInfo

"Je veux que le peuple tunisien comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme (…) Je veux que le peuple tunisien se rassure (…) : ces traîtres seront anéantis ", a affirmé le président Béji Caïd Essebsi. Sur les réseaux sociaux, en guise de solidarité, le mot-dièse #JeSuisTunisien est largement repris , y compris par le Premier ministre français Manuel Valls ce jeudi matin :

Le musée du Bardo devrait quant à lui rouvrir dès la semaine prochaine, "lundi ou mardi au plus tard ", a affirmé la ministre de la Culture tunisienne, Latifa Lakhdar.