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Faits divers – Justice

Uckange : l'ex-comptable mettait la main à la caisse

mardi 28 novembre 2017 à 9:35 Par Clément Lhuillier, France Bleu Lorraine Nord

Une ancienne salariée de la régie de quartier d'Uckange était jugée lundi à Thionville, accusée d'avoir détourné près de 116.000 euros des caisses de l'association. Le parquet a requis pour l'ancienne comptable deux ans de prison, dont 15 mois avec sursis. Le jugement sera rendu le 22 janvier.

Le tribunal de Thionville
Le tribunal de Thionville © Radio France - Rachel Noël

Moselle, France

L'argent devait servir à aider des travailleurs à leur réinsertion professionnelle, elle en prenait une partie pour renflouer ses comptes et payer ses dettes. Une ancienne secrétaire comptable de la régie de quartier d'Uckange, aujourd'hui à la retraite, comparaissait lundi devant le tribunal correctionnel de Thionville, pour abus de confiance. A ses côtés, sa sœur, poursuivie pour recel, ainsi que l'ancien directeur général de l'association, lui aussi à la retraite, et accusé de ne pas avoir provoqué la nomination d'un commissaire aux comptes, qui aurait pu mettre au jour les malversations de l'employée.

77 chèques détournés

L'affaire est découverte en 2015, lorsqu'une nouvelle direction est nommée à la tête de la régie de quartier. En regardant les comptes de près, les responsables s'aperçoivent d'importantes anomalies. En remontant le fil de certains chèques émis par la structure, ils constatent qu'ils n'ont pas été versés à leurs destinataires habituels, mais sur le compte personnel... de l'ancienne secrétaire comptable. Au cours de sa garde à vue, elle reconnait effectivement devant les gendarmes avoir détourné pas moins de 77 chèques, entre 2009 et 2015, pour une somme totale de 115.836 euros !

La salariée détournait, le plus simplement du monde, des chèques en blanc, que lui signait le directeur général. Chèques initialement destinés à payer les fournisseurs de la régie. Parfois, elle créait de fausses dépenses, et allait même jusqu'à détourner une partie des subventions publiques versées à l'association, en prétextant de soi-disant trop perçus. Et les livres de comptes étaient toujours justes.

Une dette envers sa sœur

Pourquoi de tels agissements ? "Je n'étais que secrétaire comptable, j'avais un petit salaire, et des dettes" dit-elle à la barre. Une dette à rembourser, notamment auprès de sa sœur, à qui, grâce aux sommes prélevées dans les caisses, elle peut rendre régulièrement 500, voire 1000 euros. Parfois en liquide, mais parfois aussi avec des chèques directement émis par la régie de quartier. C'est ainsi que la sœur se retrouve accusée de recel. Ce qu'elle conteste : "Je n'ai rien à voir avec ce qu'a fait ma sœur, elle disait que c'était son salaire". "Mais vous voyiez bien la provenance des chèques ? Cela ne vous a pas alerté ? demande le président. "Si bien sur, mais je me disait que si elle le faisait, c'est qu'elle en avait le droit..."

"Je lui faisait confiance"

Le troisième protagoniste de l'affaire est l'ancien directeur général. Un homme de terrain, mais peu de chiffres. Souvent absent de la régie de quartier, pour ses déplacements, c'est lui qui laissait les chèques en blanc à l'employée. S'il n'est pas poursuivi pour avoir directement participé aux détournements, la justice et la partie civile lui reprochent sa gestion négligente. "Je lui faisait confiance" se justifie t-il, "et je n'ai jamais entendu personne se plaindre de ne pas être payé par nous." "Ce n'était pas à lui, ce n'était pas son rôle, de désigner un commissaire aux comptes" plaide son avocate Maître Virginie Poulin qui retrace le parcours d'un homme exemplaire et demande pour lui la relaxe. "C'est une défaillance complète, assène l'avocat de la régie Maître Bertrand Mertz, les détournements n'auraient pas été possibles sans cette légèreté coupable". A ce titre, il réclame 20.000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi par la régie de quartier. Quid du rôle, et de la responsabilité des autres dirigeants de l'association ? La question a bien été posée, mais faute de poursuite, elle reste sans réponse...

Pour le parquet, les faits sont d'autant plus graves, qu'il s'agit d'argent public. Il requiert pour l'ancienne comptable 2 ans de prison, dont 15 mois avec sursis, 3 mois avec sursis pour la sœur, et une amende de 2000 euros pour l'ancien directeur général. Le jugement, mis en délibéré, sera rendu le 22 janvier prochain.