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Faits divers – Justice

Un agent de la Ville de Paris accusé d'agression sexiste et islamophobe

dimanche 26 novembre 2017 à 22:46 Par Bénédicte Robin, France Bleu Paris et France Bleu

Une femme de 38 ans dénonce, sur twitter, une agression dont elle a été victime jeudi dernier de la part d'un agent de la Ville de Paris chargé de la sécurité d'un passage piéton, dans le 12ème arrondissement de la capitale. Une agression qu'elle qualifie de "sexiste et islamophobe".

Un agent de la Ville de Paris chargé d'assurer la sécurité d'un passage piéton est accusé d'agression par une femme
Un agent de la Ville de Paris chargé d'assurer la sécurité d'un passage piéton est accusé d'agression par une femme © Maxppp - Vanessa MEYER

Vendredi, Nawel publie son témoignage sur twitter qui commence par ses mots : "Twitter je vais te raconter l'histoire d'une agression, la mienne. Symbole de ce que subissent les femmes au quotidien mais surtout dans mon cas l'expression d'une #islamophobie ordinaire."

Nawel a 38 ans, elle est mariée et maman de deux petites filles. La plus jeune, âgée de deux ans et demi, est avec elle dans sa voiture jeudi après-midi dernier. La jeune femme rentre de son travail (un commerce, situé dans le 12ème arrondissement de Paris) et passe, comme chaque jour, par un carrefour où se trouve un agent de la Ville de Paris chargé de faire passer les piétons en toute sécurité.

"Tout le temps, j'ai le même problème avec ce monsieur" explique-t-elle à France Bleu Paris, "dès qu'il me voit arriver, il se met devant ma voiture. Même quand le petit bonhomme est rouge et qu'il n'y a pas de piéton, il se met les bras en croix devant ma voiture. Jusqu'à présent je laissais passer". Sauf que ce jeudi, il pleut, il y a beaucoup de circulation et un bus, notamment, qui exprime, à grand renfort de klaxon, son mécontentement de se voir ainsi bloqué.

Il tambourine avec son panneau "stop" sur le capot de la voiture

Nawel dit perdre patience et faire signe à l'agent de se pousser. L'homme s'approche alors de la voiture, pose son genou sur le capot et "commence à tambouriner comme un malade avec son panneau stop" explique-t-elle avant de repartir comme si de rien n'était. La jeune femme se gare sur le côté et interpelle l'agent qui lui répond : "Dégage avec ton voile, là ! espèce de sale Arabe" poursuit-elle. "Je lui ai dis, mais ça va pas, vous êtes un grand malade et là il me pousse, je le pousse aussi et il me donne un coup de poing au visage".

Un coup de poing au visage

Des passants seraient alors intervenus pour les séparer. C'est là que Nawel prend son téléphone pour appeler la police. Les passants se dispersent. L'agent revient vers elle et l'insulte encore. Elle se défend et "il me met une claque, mes lunettes volent. Il attrape mon foulard et il tentait de me mettre des coups de pied en même temps". Des passants interviennent à nouveau.

L'homme aurait alors voulu partir mais Nawel le retient car elle a joint la police qui arrive. Des lycéens l'aident à retenir l'homme, explique-t-elle. L'un d'eux aurait alors lancé à l'agent : "Faut vous calmer, Monsieur, Marine le Pen n'est pas passée". Ce à quoi l'intéressé aurait répondu : "Mais elle était quand même au deuxième tour, la prochaine fois sera la bonne". Les policiers finissent par arriver et écoutent son témoignage ainsi que celui de l'agent et des témoins présents dont les coordonnées ont été prises affirme la jeune femme. Sur place les agents lui demandent "sept fois si [elle] est sûr qu'[elle veut] porter plainte"

La difficulté à porter plainte

Le soir même, elle se rend au commissariat pour déposer plainte mais le policier à qui elle parle lui aurait répondu que tous ses agents "étaient sortis, sur le terrain" et qu'il valait mieux revenir le lendemain. Nawel revient donc le lendemain et là, la policière lui explique "qu'il y a du monde devant et qu'elle passera sans doute tard et que ce sera alors à elle de la recevoir, or elle ne peut pas prendre les plaintes pour agressions physiques".

La jeune femme est dépitée. Mais elle a rendez-vous avec une journaliste du Bondy Blog qui la rejoint au commissariat. "Une fois qu'ils ont vu qu'il y avait une journaliste avec moi, j'ai été reçue dans le quart d'heure" affirme-t-elle.

Mais la déposition semble être une autre épreuve pour Nawel. "Il a fallu que je me batte pour que la mention des opinions politiques de mon agresseur apparaissent et pour plein de choses de ma déposition". Et ensuite le policier n'aurait pas voulu prendre de rendez-vous avec l'unité médico-judiciaire pour faire constater sa lèvres enflés et fendue.

Nawel estime que son agression est à la fois "sexiste et islamophobe". "S'il était tombé sur un gars costaud, il n'aurait jamais osé faire ça" assure-t-elle et "malheureusement les propos qu'il a tenu ne laissent aucun doute quant à la motivation islamophobe de son acte".

La Ville de Paris a lancé une enquête interne

A la suite du témoigne de Nawel sur les réseaux sociaux, la mairie du 12ème arrondissement a répondu le soir-même sur twitter. "Une enquête interne à la Ville de Paris a été ouverte. Une version différente de l'internaute est exprimée par l'agent. A cette heure, l'agent municipal a décidé de déposer plainte au commissariat."

Contactée par France Bleu Paris, la maire du 12ème arrondissement, Catherine Baratti-Elbaz, confirme que cet agent, qui dépend de la Ville de Paris, et non de son arrondissement, a bien porté plainte, sans en connaître le motif exact. L'élue précise par ailleurs que la Ville a pris des "mesures conservatoires" afin que cet agent ne soit plus en poste le temps de l'enquête. Le parquet de Paris a ouvert une enquête affirme-t-elle enfin, ce que le parquet n'était pas en mesure de nous confirmer ce dimanche soir.