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Faits divers – Justice

Un retraité mis en examen pour complicité de viols sur des enfants philippins

samedi 2 mars 2019 à 13:35 Par Laurent Watrin et Mélanie Juvé, France Bleu Sud Lorraine, France Bleu et France Bleu Lorraine Nord

Un retraité de la Gendarmerie, habitant en Meurthe-et-Moselle, est mis en examen pour avoir commandé sur internet des actes sexuels impliquant des enfants aux Philippines. L'enquête a été déclenchée par les autorités américaines.

Le parquet de Nancy ouvre une information judiciaire contre un gendarme retraité depuis 2017.
Le parquet de Nancy ouvre une information judiciaire contre un gendarme retraité depuis 2017. © Radio France - Laurent Watrin

Nancy, France

L'enquête a débuté par une alerte de l'agence américaine HSI, compétente pour la délinquance internationale et la cybercriminalité

Les policiers américains signalent à la France l'implication présumée d'un de ses ressortissants dans un trafic sexuel de jeunes gens aux Philippines

Le suspect est un gendarme à la retraite, "né en 1963", précise le parquet de Nancy. Cet ancien militaire aurait été "commanditaire d'actes de viols et d'agressions sur mineurs, commis aux Philippines courant 2017-2018", selon les informations confirmées, ce samedi 2 mars 2019, par le procureur de la République.

Négociation présumée d'agressions sexuelles filmées en direct

Placé en garde à vue, en début de semaine, le suspect est mis en examen pour complicité de viols, qualification plus grave que la "simple" pédopornographie. Celle-ci consiste à visionner des images déjà enregistrées et disponibles sur le web. 

En l'occurrence, la justice nancéienne reproche au suspect d'avoir négocié directement des viols de mineurs, avec un intermédiaire philippin.

Pendant sa garde à vue, l'ancien gendarme a confirmé, selon le parquet de Nancy, "avoir visionné des shows à caractère pornographique filmés en direct". Les enquêteurs américains ont enregistré des échanges sur la messagerie Skype.

Didier aurait ainsi négocié, sur internet, plusieurs prestations sexuelles, mettant parfois en scène des enfants, pour un montant de plus de 80 000 pesos philippins, soit l'équivalent d'un peu plus de 1 300 euros. Au total, l'enquête américaine a relevé 26 transactions, payées entre janvier 2017 et octobre 2018.

Toujours selon le directeur de l'enquête judiciaire à Nancy, le suspect a expliqué que "les faits concernant des mineurs ne portaient que sur très peu de transactions, la grande majorité d'entre elles concernant, selon lui, des 'spectacles' d'adultes".  

L'interrogatoire du suspect a souligné cependant "deux scènes impliquant, selon les échanges par Skype, deux mineurs, dont l'un aurait subi une agression sexuelle et l'autre un viol"

Précarité, internet et réseaux criminels

Cette affaire met en cause un phénomène sordide de live-streaming (visionnage en direct), facilité par l’usage des smartphones et des applications mobiles. 

Apparu en 2012, aux Philippines, cette exploitation en direct sur internet d'abus sexuels sur des jeunes mineurs est devenue une "source de revenus considérables", selon la justice. Des criminels en profitent, mais aussi des familles en situation d'extrême précarité

Les enfants victimes, exhibés et violés, filles et garçons, sont âgés de quelques mois à 10 ans, issus de familles misérables. Ce sont parfois des jeunes abandonnés dans les rues. 

Les pédophiles commanditaires se mettent en relation, via une messagerie électronique, avec un interlocuteur qui s'efforce de répondre à leur demande... 

Le parquet de Nancy, dans son ouverture d'information judiciaire, ce jeudi 27 février, avait requis le placement en détention provisoire pour le suspect lorrain. Celui-ci a été laissé libre sous contrôle judiciaire, en attendant la suite de la procédure.

A lire aussi : cette enquête de France Info qui s'intéresse aux nouvelles pratiques des réseaux internet, favorisant les déviances pédophiles.