Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Un an après Irma, une Clermontoise vit toujours dans l'angoisse à Saint-Barthélémy

jeudi 6 septembre 2018 à 19:36 Par Eric Le Bihan, France Bleu Pays d'Auvergne

Mylène Meunier a quitté son Auvergne natale il y a 30 ans pour s'installer sur l'île de Saint-Barthélémy. Un an après le passage dévastateur de l'ouragan, le traumatisme est encore grand et la saison des cyclones vient raviver l'angoisse de la Clermontoise. Témoignage.

Saint-Barthélémy ravagé par l'ouragan Irma
Saint-Barthélémy ravagé par l'ouragan Irma - © Mylène Meunier

Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, France

C'était il y a un an. Mais c'est comme si c'était hier pour les habitants de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy.  Le bilan provoqué par Irma s'élève officiellement à 11 morts et des centaines de blessés. Les dégâts ont été colossaux. Il y a un an, France Bleu Pays d'Auvergne avait réussi à joindre Mylène Meunier juste après le passage de l'ouragan. Cette Clermontoise a quitté l'Auvergne il y aune trentaine d'années pour s'installer à Saint-Barth'. Un an après Irma, nous avons pris de ses nouvelles.  

Mylène Meunier a quitté l'Auvergne il y a 30 ans pour vivre à Saint-Barthélémy - Aucun(e)
Mylène Meunier a quitté l'Auvergne il y a 30 ans pour vivre à Saint-Barthélémy - © Facebook Mylène Meunier

Comment avez-vous vécu cette année "post-Irma" ?

Ça a été très dur (sanglots dans la voix), une saison très difficile. On a sorti la tête de l'eau ,comme on a pu et on attend la saison prochaine. L'île est magnifique, mais par contre, on a trois trucs (formations cycloniques) qui vont peut-être nous arriver dessus, donc on est tous un peu anxieux. On est dans l'expectative on n'est pas tranquille, on a réparé ce qu'on a pu. On a tellement de mal à faire venir du matériel. Beaucoup de toits ne sont pas encore prêts et les volets anticycloniques n'ont pas tous été livrés. Loin de là. Moins de la moitié de la population a vraiment réparé et est prête à "accueillir" un autre cyclone. Si c'est un cyclone de classe 2, on va pouvoir supporter. Mais pourvu qu'il n'y ait rien surtout...

Un an après, la plaie est encore profonde ?

Oui, on est tous choqué, très choqué. Là, on se retrouve à la date anniversaire et on ne sait pas ce qui va nous tomber sur le coin de la figure. On n'est vraiment pas tranquille. Moi, j'ai vécu tous les cyclones en l'espace de 30 ans, mais je n'avais jamais vu ça (Irma). Il y a un tel réchauffement sur cette planète... Je ne sais pas à quoi s'est dû, mais ce dérèglement climatique est effrayant. On se sent impuissant.

On a caché la misère. Le tourisme est prioritaire - Mylène Meunier

Vous avez le sentiment que Saint-Barth' a été délaissée par rapport à votre voisine de Saint-Martin ?

Pour être honnête, on a subi la même chose, mais Saint-Martin en a tellement besoin. Ici, on a plus de moyens et on s'est tous bougés. La priorité est donnée aux endroits, où il y a des hôtels et des restaurants. Nous, nous habitons dans un petit quartier un peu à part. Le tourisme est prioritaire... On a fait comme on pouvait. On a caché la misère pour notre clientèle. On attend de voir si ça vaut la peine de finir les réparations tout de suite ou s'il faut attendre la fin de la période cyclonique, fin octobre...

Vous n'avez pas envisagé de rentrer en Auvergne ? 

On n'a pas le choix. Vous savez, ça fait 30 ans qu'on est ici. On a tout quitté, alors on est un peu "pris en otage" sur notre île (sourire). On n'a plus le choix. C'est difficile lorsqu'on est insulaire de revenir en Métropole. On a tout ici. J'ai 60 ans maintenant et je ne me vois pas repartir une main devant, une main derrière. De toute façon, je n'aurais pas les moyens de me reconstruire. Il reste mon père (âgé de 95 ans) à Clermont-Ferrand et quelques oncles, tantes et cousins dans le Puy-de-Dôme. J'ai fait venir ici la plupart des membres de ma famille, frère et sœur. Mais j'ai prévu de venir bientôt en Auvergne. Je passerai vous voir à la radio... 

Un an après, le panorama a changé depuis la maison de Mylène  - Aucun(e)
Un an après, le panorama a changé depuis la maison de Mylène - © Mylène Meunier