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Un an après le meurtre de Priscillia à Estagel, l'immense dignité d'une mère

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Depuis le meurtre de sa fille Priscillia à Estagel, Sophie Gonzales tente de surmonter le drame avec courage et dignité, mais sans colère. Plutôt que de crier vengeance, elle demande à ce que le meurtrier présumé "fasse l'objet de soins", pour qu'il n'y ait pas de risque de récidive.

Sophie Gonzales, mère de Priscillia
Sophie Gonzales, mère de Priscillia © Maxppp - Michel Clementz

C'était il y a tout juste un an : le meurtre de la jeune Priscillia avait bouleversé le village d'Estagel, dans les Pyrénées-Orientales. La jeune femme de 18 ans, appréciée de tous, était retrouvée morte dans le cimetière, au lendemain du bal des pompiers. L'autopsie avait décelé cinq coups de couteau. Son corps présentait également des traces d'agressions sexuelles.

Un an plus tard, une cérémonie était organisée ce mardi devant la tombe de Priscillia, dans le cimetière du village. Une cinquantaine d'habitants et de proches étaient présents pour entourer la famille. L’enquête est toujours en cours : un jeune homme de 19 ans, qui a avoué les faits, est en détention provisoire et une reconstitution doit être organisée dans les prochains mois. 

Lors d'un entretien accordé à France Bleu Roussillon, la mère de Priscilla Sophie Gonzales évoque son insurmontable douleur, mais aussi son combat pour rester debout, avec un courage et une dignité qui force l'admiration de ses proches.

FBR : Que ressentez-vous ce mardi, en voyant plusieurs dizaines d'habitants se réunir autour de la tombe de Priscilla ?

Sophie Gonzales : "Je suis très émue. Un an après, je craignais que Priscillia ait été un peu oubliée. Que tous ces gens soient venus me touche énormément. L'épreuve que je traverse est très douloureuse. Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à ma fille, le matin, le soir : c'est parfois une obsession. Le fait de ne plus pouvoir la tenir dans mes bras, de ne plus l'entendre rigoler... Heureusement que j'ai été soutenue par mes proches et par de nombreux habitants. Même si je montre l'apparence d'une femme forte, je suis souvent à ramasser à la petite cuillère."

Qu'attendez-vous aujourd'hui ?

"Je sais que le procès va avoir lieu. Mais j'ai tellement de tristesse en moi que je n'arrive même pas à être en colère. Mon souhait, c'est que la personne qui a fait cela à ma fille soit vraiment soignée. Pour en arriver à faire des choses aussi horribles, c'est qu'on ne va pas bien dans sa tête.  Je ne demande même pas une peine de prison. Mais quand cette personne sera relâchée, il faut qu'elle ait conscience d'avoir détruit une famille et ne puisse pas récidiver". 

"Je pense aussi beaucoup à sa maman. Je sais que ce n'est pas de sa faute, elle a dû se réveiller horrifiée ce matin-là. Je me compare à elle, et je me dis qu'elle a beaucoup de chance. Elle, elle peut aller voir son fils au parloir. Pour moi, Priscillia n'est plus là et elle ne sera plus jamais là". 

Comment faites-vous pour ne pas être animée par un sentiment de colère ou vengeance ?

"Bien-sur que je suis passé par ces sentiments. Mais la seule chose qui m'importe, c'est que le jour du procès, on me dise qu'il va être soigné. Peu importe qu'il reste en prison, je ne recherche pas la vengeance. À mes yeux, il y a trop de récidive chez les meurtriers et les violeurs."

Priscillia a été retrouvée morte le 07 juillet 2019 à Estagel
Priscillia a été retrouvée morte le 07 juillet 2019 à Estagel © Radio France - Gendarmerie nationale
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