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Un calme relatif est revenu dans la cité de la Gabelle à Fréjus

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Par , France Bleu Provence, France Bleu

Au lendemain des affrontements entre forces de l'ordre et plusieurs dizaines d'individus, et des dégradations commises à Fréjus et Saint-Raphaël, une compagnie de CRS a été déployée dimanche soir dans le secteur. Le calme semble revenu dans la cité de la Gabelle à Fréjus. Mais pour combien de temps.

Le calme dans la cité de la gabelle à Fréjus lundi
Le calme dans la cité de la gabelle à Fréjus lundi © Radio France - Christelle MARQUES

À l'entrée du quartier, sur un muret, une inscription en bleu : "La gabelle, nique la police, on vous baise". En ce lundi matin, tout est calme. Le nuage de gaz lacrymogène s'est dissipé. Et rares sont les habitants qui mettent le nez dehors. Il pleut. Pourtant, c'est ce même quartier qui s'est embrasé dans la nuit de samedi à dimanche. Un embrasement qui a fait tâche d'huile jusqu'à Saint-Raphaël (Var), la commune limitrophe.

Certains évoqueront une riposte des trafiquants après des saisies de drogue intervenues quelques temps auparavant. Mais selon certains témoins directs des faits du week-end, cela n'a aucun rapport.

Deux jeunes ayant participé aux émeutes témoignent

Deux jeunes que France Bleu Provence a rencontrés ce lundi ont accepté de témoigner, non sans mal, pour donner leur version des faits. Nous les appellerons Idriss et Mohamed car ils souhaitent conserver l'anonymat. "Ils disent que c'est à cause des savonnettes qu'ils ont attrapées, mais ça n'est pas du tout à cause de ça.

Ils sont venus samedi soir, ils ont gazé tout le monde, ils sont repartis et ça a énervé tous les grands. Les grands et les petits, on s'est tous mis contre eux, c'est tout" raconte Idriss. "C'est mérité et c'est bien ce qu'il y a eu. Moi, ça ne me plait pas de les voir ici. Ils nous affrontent, on est obligés de riposter" poursuit son copain, âgé lui aussi de 16 ans. 

"Il y en a même un qui a été blessé au flashball, il va perdre son œil."- Témoignage de deux jeunes de la Gabelle

Le duo prétend avoir participé aux violences urbaines de ce week-end. Il les légitiment par la colère, en expliquant avoir été contrôlés, alors "qu'on ne faisait rien de mal, c'est ramadan, et on était juste dehors pour fumer la chicha et boire un café. S'il n'y avait pas eu le couvre-feu, y'aurait pas eu de problèmes. Là, il y en a même un qui a été blessé au flashball, il va perdre son œil" poursuivent les deux copains. 

Effectivement, un individu de 24 ans a été touché par un tir. Cet individu, très défavorablement connu, est actuellement hospitalisé. Plusieurs policiers ont également été blessés. Et effectivement, ce rassemblement était bien au-delà de l'heure autorisée par le couvre-feu de 19h. C'est d'ailleurs pour cette raison que des riverains se sont plaints.

Rien à voir avec la drogue

Ces deux copains affirment aussi avoir participé au sciage des poteaux de caméras de vidéoprotection dans la même cité il y a quelques jours. "Rien à voir avec le trafic non plus. Dans les autres cités, il n'y a pas de caméras comme à l'Agachon, et nous on en a à la Gabelle, c'est de l'injustice" témoigne Idriss qui reconnait que depuis qu'il est petit, il déteste la Police. "J'ai toujours entendu mon père et mon frère en parler mal, je ne les aime pas, c'est tout. Il n'ont rien à faire là" reconnait l'adolescent. Une injustice mal placée car des caméras, à l'Agachon, il y en aussi.

Manque d'autorité

Un peu plus loin, un vieux monsieur est tranquillement installé dans son garage. Il est exaspéré par les faits du week-end et les comportements de ceux qui ont tout cassé. "Moi je suis en France depuis 1973, j'ai un fils et une fille, ils sont comme moi, ça file droit. Avant, quand le petit faisait une bêtise, on lui mettait une claque.

Aujourd'hui, si tu mets une claque, tu as l'assistante sociale qui vient. Il y a un manque d'autorité des parents, et les petits de 13, 14 ans, ils respectent personne. Et quand ils auront 20 ans alors ? Nous en tout cas, on n'en veut pas de tout ça. Les gens pensent qu'on est tous pareils dans la cité, mais c'est pas vrai, moi je ne veux pas de problème, et je n'ai jamais eu de problèmes avec personne. C'est pas bien tout ça aujourd'hui" raconte le septuagénaire.

"Il y a un manque d'autorité des parents, et les petits de 13, 14 ans, ils ne respectent personne." - Un habitant de la Gabelle, installé ici depuis 1973

Le calme est revenu. Mais pour combien de temps ?

La question se pose tant on sent bien qu'un rien, qu'une petite étincelle suffirait à mettre le feu aux poudres. Les CRS ont été déployés dimanche soir dans la cité. "Ils sont restés dix minutes, ils ont fait le tour du quartier, on est rentrés chez nous, et quand ils sont partis, on est ressortis. Ça nous change pas la vie, ils peuvent rester dix ans. C'est inutile. Ils font du bruit juste pour rien" conclut Idriss et son copain.

"Les CRS ? C'est inutile, ils font juste du bruit pour rien." - Témoignage des jeunes de la cité

Il y en a un en tout cas qui ne trouve pas cette présence inutile, c'est le maire de Fréjus David Rachline. "Je demande des renforts depuis novembre dernier. La présence des CRS ne suffira pas à long terme. Elle était une urgence pour rétablir le calme, mais dans l'avenir, il nous faut des policiers supplémentaires pour procéder à des interpellations.

Et surtout, si Monsieur Dupond-Moretti, ministre de la Justice se décide un jour, à sanctionner les voyous qui se comportent de cette manière" indique David Rachline à France Bleu Provence.

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