Faits divers – Justice

Un camp de Roms détruit par le feu à Perpignan

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon jeudi 27 mars 2014 à 19:37

Le camp de Roms détruit derrière l'avenue d'Espagne
Le camp de Roms détruit derrière l'avenue d'Espagne © Mathieu Ferri / Radio France

Le feu a pris dans la soirée de mercredi, dans ce campement où vit 14 personnes. L'origine pourrait être criminelle.

Ce sont les vigiles d'un magasin de bricolage de l'avenue d'Espagne qui ont donné l'alerte mercredi soir, en voyant les flammes. A quelques centaines de mètres, un campement de fortune était en train de brûler. Une dizaine de baraques abritant des familles roumaines ont été détruites, des logements qui étaient faits de palettes de bois et de couvertures.

L'origine du feu pourrait être criminelle. Un des membres du campement dit avoir vu quelqu'un asperger les lieux avec de l'essence avant de mettre le feu. Tout à brûlé en quelques minutes, sous les yeux ébahis des Roms.

Ce jeudi après-midi, les familles roumaines sont allés porter plainte au commissariat de Perpignan. Une enquête a été ouverte, et selon le Collectif de soutien aux familles roumaines dans les Pyrénées-Orientales, la police judiciaire prend l'affaire très au sérieux.

Sur place, derrière les magasins de l'avenue d'Espagne, il ne reste rien ou quasiment rien : sur la dizaine de baraques qu'il y avait encore mercredi, seules deux sont encore debout. Quant aux habitants, ils sont effondrés, les yeux perdus dans le vague, en train d'errer dans les décombres. Sous leurs pieds, le sol est noir, et ce jeudi après-midi, ça sent encore le brûlé. Presque tout a été détruit : les vêtements, la nourriture, et même les papiers d'identité pour la plupart des occupants. Quatorze habitants de 14 à 54 ans, complètement perdus.

Incendie camp Roms SON

Ces Roms ont désormais peur de rester sur place, peur d'être de nouveau pris pour cible, mais pour dormir, ils n'ont pas d'autre choix que de s'entasser dans les deux baraques qui restent. Depuis cinq ans qu'elles sont installées à cet endroit, ces familles disent n'avoir jamais eu de souci, jamais de menaces.