Faits divers – Justice

Un centre de déradicalisation va ouvrir à Bordeaux

Par Yassine Khelfa M'Sabah, France Bleu Gironde et France Bleu mardi 22 septembre 2015 à 6:00

Un centre de déradicalisation va ouvrir à Bordeaux
Un centre de déradicalisation va ouvrir à Bordeaux © Max PPP

Le centre s’appellera "CAPRI". Il s'agit d'un centre d'action et de prévention contre la radicalisation islamiste. La Préfecture préfère rester discrète pour le moment mais prévoit courant janvier, un an après les attentats de Charlie Hebdo, de dévoiler ses premières analyses.

Le centre sera situé dans un bâtiment pas très loin de la Place Gambetta à Bordeaux. Les locaux seront subventionnés par la Préfecture. Mais le centre de déradicalisation agira de manière indépendante. Son objectif :  aider les familles et les proches de personnes embrigadées dans l'islam radical. Un numéro vert existe déjà pour ces familles depuis avril 2014. Cette plateforme téléphonique avait été mise en place par le ministère de l'Intérieur. Elle donnera des signalements au centre de déradicalisation à Bordeaux, comme l'explique Simon Bertoux, directeur de cabinet du Préfet de la Gironde.

La plateforme nationale de signalement est déjà en place et une action est en cours de déploiement  en Gironde et en Aquitaine autour d'une association locale qui serait capable de prendre en charge des personnes pour organiser autour d'elles des actions de déradicalisation.

Éviter les départs vers la Syrie

Selon nos informations, sept girondins auraient déjà pris le départ pour la Syrie. Cet été, une famille entière est soupçonnée d'être partie elle aussi rejoindre les rangs de Daesh en Syrie. Pour Fouad Saanadi, secrétaire de la Fédération des musulmans de la Gironde, "c'est éventuellement des cas qui pourront se présenter, on a vu qu'il y avait pas mal de départs en Gironde. Avec toutes les complications géopolitiques, aujourd'hui il faut redoubler de vigilance au niveau des quartiers, de tout ce qui pourra se passer autour des mosquées."  Pour le moment la Préfecture et les différents acteurs préfèrent rester discrets sur le sujet. Ils communiqueront en janvier 2016 sur leurs premières analyses. Soit un an après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher de Porte de Vincennes.

Le centre de déradicalisation sera composé de différents acteurs

Des psychologues, des spécialistes des dérives sectaires ou encore des représentants de la religion musulmane seront présents. Ils travailleront à partir de signalements, des alertes données par les familles via la numéro vert lancé par le ministère de l'Intérieur mais aussi grâce aux informations des renseignements généraux. Les différents acteurs tenteront alors d'analyser la sensibilité du profil pour mettre en place des mesures adéquates. Pas d'informations pour le moment sur la nature de ces mesures qui doivent permettre la déradicalisation. Il s'agira de lutter contre l'endoctrinement qui passe par la propagande djihadiste. Cette propagande largement diffusée via Internet a déjà attiré plus de 1500 Français. Des électrons libres qui ont échappé à l’État pour se rendre dans les rangs de Daesh en Irak ou en Syrie.

D'autres centres existent déjà en France

En France, d'autres initiatives locales ont vu le jour. A Marseille, Strasbourg ou encore en Ile-de-France. Récemment à Mulhouse, le tribunal de grande instance à lancé des "stages de déradicalisation" pour les individus poursuivis pour des infractions en lien avec l'Islam radical. Un des premiers centres du genre avait ouvert à Paris courant 2014, lancé par l'anthropologue Dounia Bouzar, spécialiste des dérives sectaires liées à l'Islam radical. Des centres qui s'inspirent notamment du Danemark. Le pays avait été le premier à lancé en 2013, des organismes de réhabilitation pour s'occuper des djihadistes de retour de Syrie.