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Un champion du monde de boxe jugé pour viols à Nancy dans une salle d’audience vide

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Par , France Bleu Sud Lorraine

Un champion du monde de boxe française est jugé, à partir du 30 octobre, pour dix viols et agressions sexuelles devant la cour d’assises à Nancy. Les victimes refusent le huis clos et vont témoigner face au boxeur de Vandoeuvre devant une salle d’audience vide en raison du confinement.

Un champion du monde de boxe jugé pour viols à Nancy dans une salle d’audience vide.
Un champion du monde de boxe jugé pour viols à Nancy dans une salle d’audience vide. © Radio France - Thierry colin

«J’ai profité de mon statut de champion pour embobiner des filles» concède l’ex-champion du monde de boxe française de 31 ans au premier jour de son procès qui s’est ouvert ce vendredi devant les assises de Meurthe-et-Moselle à Nancy.

L'animateur sportif de Vandoeuvre est jugé pour six viols et quatre agressions sexuelles. Ozkan Kuyruk, champion du monde de boxe française en 2013, promettait notamment à ses victimes d’être «ring girl» lors de galas de boxe pour les aborder. 

Voitures , douches et chambres d'hôtel

Après quatre heures d’audience, l’accusé se livre : «je ne suis pas fier de ce que j’ai fait, moralement», mais l’ancien sportif de haut niveau du club Vandoeuvre boxe Française réfute fermement les accusations de viols.

L'audience va durer deux semaines et s’est ouverte en plein confinement avec les premiers échanges de regards masqués entre l’accusé et des témoins dans une salle sans public, avec deux jeunes femmes sur le banc des parties civiles et deux journalistes en face de la cour. 

Que tout Vandoeuvre connaisse la vérité

La demande de renvoi formulée par la défense pour plus de sérénité dans les débats a été rejetée avec un accusé qui regrette qu’il n’y ait pas de public dans la salle : «j’ai la chance que ce procès ne soit pas à huis clos. Pour moi, il est primordial que l’opinion publique soit informée du fond du dossier» assure le boxeur plutôt bavard quand la présidente l’interroge. 

On retrouve le même souhait de publicité des débats, du côté des victimes : «que tout Vandoeuvre connaisse la vérité» espère l’un des trois avocats des parties civiles qui attend beaucoup des nombreux témoignages des «victimes qui ne se connaissent pas». 

Chantage à la photo dénudée

Après la lecture de l’arrêt de renvoi, impressionnant par l’accumulation de témoignages, décrivant des viols dans une chambre d’hôtel ou une voiture ou des agressions sexuelles dans les douches du club de boxe de Vandoeuvre… pas moins de dix chefs d’accusation. L’enquête évoque des chantages à la photo dénudée, l’usage de la force et les menaces. Une procédure longue et après deux plaintes et deux premières affaires, d’autres victimes se sont fait connaitre aux enquêteurs.

Un accusé décrit comme «dragueur» et qui utilisait son statut pour aborder de «jolies filles» et leur proposer de devenir «ring girl» en short noir et haut talon. L’accusé aurait dit à une jeune femme qu’il fallait «juste se promener avec une affiche pendant un match, il fallait juste être sexy»...

Le champion du monde de boxe répond de viols en concours.
Le champion du monde de boxe répond de viols en concours. © Maxppp - Anthony PICORE

Le sportif de haut niveau décrit son statut après son sacre de champion du monde : «je représentais la réussite par le sport donc tout était facile, et j’ai eu un CDI à la mairie de Vandoeuvre sans rien faire». 

Charmeur et agressif

Un accusé décrit comme «immature, beau parleur, charmeur…» et «à Vandoeuvre, il était en haut de l’affiche» mais les jurés ont aussi découvert son addiction aux jeux et aux paris sportifs en ligne : «quand on gagne 10 000 euros, c’est une adrénaline que l’on ne peut pas expliquer, un truc de ouf» assure l'accusé qui parle d'euphorie puis de mauvaises périodes.

La présidente de la cour d’assises l’interroge sur son comportement agressif à la prison de Nancy-Maxéville au Haut-du-Lièvre : «pour ne pas se retrouver chez les vulnérables, il faut savoir se défendre… Je me suis fait agresser, je les ai neutralisés» assure sèchement le boxeur.

Ecoutez Frédéric Berna, avocat de parties civiles.

Un accusé qui reconnait avoir été protégé après des délits routiers par «une connaissance au boulevard Lobau» et parce que «j’avais un statut en tant qu’athlète». Le champion du monde de savate préfère s’entrainer que de repasser son code de la route et roule sans permis de conduire. 

Nombre de victimes impressionnant

Des viols et agressions sexuelles à Vandoeuvre, Nancy, Ludres, Laxou entre 2011 et 2016 et pour Frédéric Berna, avocat des parties civiles «c’est le nombre de victimes qui est impressionnant et le sentiment d'impunité exceptionnel, dont se targue l'accusé, et les protections dont il a dû faire l'objet pour pouvoir agir en toute impunité pendant aussi longtemps. C'est clairement quelqu'un qui a été protégé et s'est cru invulnérable».  

Un ancien sportif de haut niveau défendu par Eléonore Dupleix et l’avocate promet des révélations durant ce procès : «mon client s'exprime toujours de manière très spontanée et attendait ce procès pour pouvoir s'exprimer publiquement, en toute transparence. 

Il a beaucoup de choses à dire 

Cette célébrité et cette réussite sportive seront évoquées mais aujourd'hui, c'est avant tout le procès d'un homme qui essaye de se défendre et il a beaucoup de choses à dire et vous verrez que les choses ne sont peut-être pas aussi limpides qu'on veut bien le dire». 

Ecoutez Eléonore Dupleix, avocate de la défense.

Alexandre Bouthier défend notamment une jeune femme qui a été victime de l’ancien champion du monde dans sa voiture et pour lui «À Vandoeuvre, l'accusé est très favorablement connu, sa famille est très présente dans le milieu associatif et même un peu politique de Vandœuvre et son nom est plutôt bien vu, ce qui va d'ailleurs jouer. Il va y avoir une sorte d'omerta et il va y avoir une loi du silence qui va s'instaurer malgré la répétition de faits très désagréables et qui pouvaient être considérés comme des agressions sexuelles comme des intrusions dans des vestiaires féminins. 

Ecoutez Alexandre Bouthier, avocat des parties civiles.

Dans le club de boxe de Vandoeuvre, les filles étaient obligées de s'enfermer. Il venait sous les douches ou il en coinçait littéralement dans l'ascenseur et avait un comportement pressant. On voit qu'il a eu des comportements parfaitement inadaptés sur des parking de supermarché. Des agressions sexuelles puis des viols qui vont être répétés».  

Un procès qui doit durer deux semaines avec de nombreux témoignages qui vont s’enchaîner dès lundi avec la première confrontation entre une jeune victime et l’accusé. Un champion du monde de boxe qui doit répondre de viols en concours et qui risque jusqu’à 20 ans de prison. 

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