Faits divers – Justice

Le procès douloureux d'un chauffard responsable d'un accident mortel à Vallet

Par Sarah Vildeuil, France Bleu Loire Océan mercredi 6 septembre 2017 à 19:59 Mis à jour le mercredi 6 septembre 2017 à 20:11

Une salle d'audience du tribunal de Nantes
Une salle d'audience du tribunal de Nantes © Radio France - Pascale Boucherie

Le tribunal condamne à trois ans de prison dont deux avec sursis l'homme responsable d'un accident mortel près de Vallet, en octobre 2016. L'automobiliste avait pris la quatre-voies Nantes-Cholet à contre-sens. Une mère de famille est morte sur le coup. Sa fille de 18 ans a été grièvement blessée.

C'était un procès douloureux ce mercredi à Nantes. Le tribunal a condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis l'homme responsable d'un accident mortel près de Vallet, le 29 octobre 2016, vers une heure du matin. Ce conducteur de 51 ans avait pris la quatre-voies Nantes-Cholet à contre-sens. Il avait 2.67 grammes d'alcool par litre de sang. Il avait percuté une autre voiture tuant sa conductrice. La fille de celle-ci avait été gravement blessée. C'est un homme rempli de remords qui s'est présenté face aux juges.

Plus une goutte d'alcool par respect pour ses victimes

Pendant toute la durée de l'audience, une heure et demie, dès qu'il a la parole, le prévenu demande pardon. Mais dans le vide. L'époux et la fille de la victime ne sont pas là. La voix chevrotante, le chauffard affirme qu'il donnerait tout ce qu'il a pour faire revenir cette mère. L'avocate de la partie civile raconte que la jeune fille est encore meurtrie et qu'elle se sent coupable. Le prévenu se retourne alors en pleurant et déclare qu'il est le seul responsable. Il comprend sa douleur. Il est lui-même père de famille.

Le quinquagénaire regrette d'avoir pris le volant alors qu'il était saoul. C'est pourtant la quatrième fois qu'il est poursuivi pour conduite en état d'ivresse. La présidente ne comprend pas comment il a pu prendre la quatre-voies à contre-sens, sur une route qu'il connaît bien. Le conducteur ne se souvient de rien. Depuis l'accident, l'homme affirme ne plus boire une seule goutte d'alcool, "par respect pour ses victimes". Le tribunal a assorti la condamnation d'une obligation de soins pour son addiction à l'alcool. Il ne pourra pas repasser son permis avant deux ans. En France, l'alcool est en cause dans un accident sur trois.