Faits divers – Justice

Un collectif des victimes de Puisseguin "pour rester unis"

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde vendredi 22 janvier 2016 à 6:22

Le virage de la D17 où s'est produit l'accident de car du 23 octobre 2015
Le virage de la D17 où s'est produit l'accident de car du 23 octobre 2015 © Radio France - Stéphanie Brossard

Le collectif des victimes de Puisseguin s'est constitué juste avant Noël sur les conseils du Procureur de la République de Libourne pour que les familles touchées par ce drame du 23 octobre 2015 "restent unies". Il s'agit de pouvoir suivre les avancées de l'enquête toujours en cours, et d'échanger.

Le virage de la Départementale 17, là où le car et le camion se sont percutés avant de s'embraser le 23 octobre 2015, est toujours fleuri, trois mois après le drame. Une stèle devrait bientôt être érigée non loin de là, à la mémoire des 43 morts de cet accident de la route, le plus meurtrier depuis 1982 en France. Une initiative du maire de Puisseguin en accord avec le collectif des victimes de Puisseguin qui s'est constitué juste avant Noël et qui compte aujourd'hui 200 personnes (familles de victimes et rescapés). 

Michel Vigier, qui a perdu sa belle-mère dans le drame, en est le président. Il habite Lussac. Entretien.

France Bleu Gironde : pourquoi avoir créer ce collectif ?

Michel Vigier : ne pas se sentir abandonné, pour moi, c'est essentiel. On y trouve du soutien, de l'écoute et des conseils parfois, parce que, vous savez, on est à la campagne, c'étaient des gens âgés pour la plupart dans cet accident et les familles n'ont pas l'habitude d'avoir des rapports avec les avocats etc.. Donc il faut les guider et les aider comme on peut...

Comment allez-vous trois mois après ce drame ? 

Ça ne va pas très bien, il faut quand même le dire... Il y a pas mal de choses qui resurgissent, mais finalement je me suis lancé dans ce collectif, j'ai pris le problème à bras le corps et je me sens quand même soutenu par les 200 personnes qui ont adhéré à l'association. Et je me dois de faire quelque chose. Mais on a des hauts et des bas, parce que ma belle-mère, elle était là (il montre par la fenêtre la maison voisine)... C'était quand même une figure du village (Lussac). Elle avait 87 ans. Elle avait son amie Viviane qui est décédée dans le car avec elle. Et leur grand truc, c'était par exemple, le samedi matin, coiffeuse ! Et après très souvent, comme on habite à côté et que ma femme, sa fille Hélène, savait qu'elle n'avait pas préparé sa cuisine, elle venait manger. Sa place, c'est là (il montre la table de la salle à manger)... Voyez, c'est tout un folklore qu'il manque. Quand vous habitez comme ça juste à côté, vous ne pouvez pas, ne pas y penser ! C'est toutes ces petites choses qu'il manque, même si elle était âgée et même si personne n'est éternel...

Souhaitez-vous une stèle sur la route de l'accident comme ça a été évoqué par le maire de Puisseguin ?

Oui c'est le maire de Puisseguin qui a lancé l'idée en premier. Pour le moment, on n'en parle pas trop mais ce serait bien qu'il y ait une stèle à la mémoire des victimes. Mais où ? Sur les lieux de l'accident, c'est un endroit où on ne peut pas trop stationner, donc pas idéal. Et puis la maire de Petit-Palais lors de ses voeux, il a été question de faire une plaque dans le cimetière (puisque le club du 3ème âge était basé à Petit-Palais). Je pense que ça se fera.

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