Faits divers – Justice

Un collectif tourangeau dénonce des abus policiers sous l'Etat d'urgence

Par Jérôme Collin, France Bleu Touraine et France Bleu lundi 28 mars 2016 à 18:16

Une voiture de police - illustration
Une voiture de police - illustration © Radio France - Oanna Favennec

Plusieurs membres du collectif "Nous ne cèderons pas 37" accusent la police de nombreux abus dans la région tourangelle, depuis l’État d'urgence. Dégradations lors d'interpellations, provocations dans des manifestations... La Direction départementale de sécurité publique dément fermement.

Plusieurs cas sont reprochés à la police. Le premier remonte au 6 décembre 2015, pendant une intervention policière très tendue au Beffroi, à Tours Nord. Une habitante prend une vidéo de la scène depuis sa fenêtre. Elle la diffuse sur les réseaux sociaux puis la supprime. Selon le collectif "Nous ne cèderons pas 37", cela lui vaut une convocation au commissariat. Relevé d'empreintes, interrogatoire. "Une humiliation. Le fait de filmer n'est nullement interdit par la loi." Réponse de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP), par la voix de son directeur Stéphane d'Hayer : "On ne connaît pas cette femme, nous ne l'avons jamais convoquée et nous n'avons rien à reprocher à sa vidéo."

Stéphane d'Hayer : "Je balaie ces accusations"

> Ci-dessous, une vidéo de la même interpellation le 6 décembre, prise d'un autre point de vue par un autre habitant du quartier.

Ce collectif crée une polémique pour protester contre l'Etat d'urgence. Je ne peux que le regretter. On n'est pas sur de la discussion intelligente, mais de la polémique !" Stéphane d'Hayer

Le collectif vigilant depuis la mise en place de l’État d'urgence

Le directeur de la DDSP dément formellement tous les autres cas relevés par le collectif "Nous ne cèderons pas". Comme cette perquisition, fin janvier, dans un immeuble tourangeau. Les policiers auraient défoncé la porte d'un appartement, puis menotté l'homme à l'intérieur. C'est son fils qui était en fait recherché, pour son implication supposée dans un hold-up. Tours Habitat, le bailleur social, demande 1450 euros au locataire pour les frais de réparation.

Stéphane d'Hayer, responsable de la DDSP, regrette la polémique

Pour le collectif "Nous ne cèderons pas 37", il y a "des abus de droit dans le cadre de l’État d'urgence". Il organise une réunion publique ce mardi 29 mars au Centre de Vie du Sanitas, à Tours, à partir de 20 heures.