Faits divers – Justice

Un comité "Sortir de l'état d'urgence" créé à Nîmes

Par Sylvie Charbonnier, France Bleu Gard Lozère mercredi 20 janvier 2016 à 17:19

comité "sortir de l'état d'urgence"
comité "sortir de l'état d'urgence" - sylvie charbonnier

Création, à Nîmes, du comité "sortir de l'état d'urgence". Treize associations, autour de la Ligue des Droits de l'Homme, quatre syndicats et huit partis politiques de gauche. Tous craignent que la prolongation de l'état d'urgence ne mette en danger les libertés fondamentales.

Le tout nouveau comité "sortir de l'état d'urgence", créé à Nîmes, s'est présenté devant la presse, ce mercredi 20 janvier. Treize associations, dont la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, la Cimade ou RESF, quatre syndicats et huit partis politiques de gauche, dont le Parti Communiste ou Europe Ecologie les Verts. Tous se mobilisent pour dénoncer la prolongation de l'état d'urgence, alors que le gouvernement français prévoit le renforcement des mesures de lutte contre le terrorisme islamiste.

Crainte des abus

Ce que craignent les membres du comité "sortir de l'état d'urgence", ce sont les dérives et les abus. Ils craignent notamment que soient limitées leurs droits fondamentaux de réunion ou de manifestation, garanties par la constitution. Pour Charlotte Sagniard, de l'union syndicale Solidaires 30, il y aurait risque pour les militants

syndicat Solidaires

Inquiétude de la Ligue des Droits de l'Homme

Ce que la Ligue des Droits de l'Homme dénonce, ce sont les perquisitions sur ordre des préfectures, autorisées par l'état d'urgence, ainsi que les dénonciations et donc, plus généralement, la perte des libertés. Crainte aussi de mesures d'exception, comme la possibilité, pour le ministre de l'Intérieur, de dissoudre des associations.

Pour Françoise Akoum, co-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme du Gard, certes, il faut lutter contre l'islamisme et tout faire pour prévenir d'autres attentats meurtriers, mais sans toucher aux libertés.

Ligue des Droits de l'Homme

De nombreuses perquisitions dans la région

Sur les 59 perquisitions effectuées dans le Gard, trois personnes ont été poursuivies et une peine, seulement, a été prononcée. Pour mémoire, l'état d'urgence a été décrété au lendemain des attentats du 13 novembre, à Paris. Il permet, entre autre, aux policiers, d'effectuer des perquisitions, sans mandat judiciaire, ce qui, d'après les opposants à cet état d'urgence, entre en contradiction avec l'article 66 de la Constitution, qui garantit les libertés fondamentales.

Etat d'Urgence, l'inquiétude

Prochaines actions, prévues par le comité "sortir de l'état d'urgence" : une lettre adressée aux parlementaires (sauf Front national) et un rassemblement, le 30 janvier prochain, à Nîmes.

Partager sur :