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Faits divers – Justice

Ce que l'on sait de l'attentat déjoué contre l'opposition iranienne en France

lundi 2 juillet 2018 à 14:20 - Mis à jour le lundi 2 juillet 2018 à 20:58 Par Viviane Le Guen, France Bleu Paris et France Bleu

Un couple de Belges d'origine iranienne, accusé d'avoir planifié un attentat contre un meeting de l'opposition iranienne à Villepinte, en Île-de-France a été arrêté samedi. Une personne est également en garde à vue en France.

Un robot démineur inspecte la voiture des deux suspects, à Woluwe-Saint-Pierre, dans la région de Bruxelles, le 2 juillet 2018.
Un robot démineur inspecte la voiture des deux suspects, à Woluwe-Saint-Pierre, dans la région de Bruxelles, le 2 juillet 2018. © AFP - Olivier Gouallec / CrowdSpark

Un couple de Belges d'origine iranienne a été arrêté et inculpé samedi à Bruxelles pour avoir planifié un attentat à l'explosif le même jour contre un rassemblement de l'opposition iranienne en France annonce le parquet fédéral belge ce lundi. La justice belge précise que "l'attentat terroriste a pu être déjoué grâce à une collaboration entre la sûreté de l'Etat belge et les autorités judiciaires françaises et allemandes."

France Bleu fait le point sur cet attentat déjoué.

Qui sont les personnes arrêtées ?

Amir S. et son épouse Nasimeh N., âgés de 38 et 33 ans, sont un couple de Belges d'origine iranienne.

Inculpés pour "tentative d’assassinat terroriste et de préparation d'une infraction terroriste" et placés sous mandat d'arrêt, ils ont été interpellés avec "environ 500 grammes de TATP" (Trirpéroxyde de triacétone) dans leur voiture. Cet explosif a notamment été utilisé dans les attentats commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016. Dans le véhicule les forces de l'ordre ont également retrouvé "un mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette", a précisé le parquet dans un communiqué. Les services de déminage ont été appelés pour faire sauter l'explosif de manière contrôlée.

Trois autres suspects sont en garde à vue en France. "Les investigations visent à préciser la nature des relations qu'ils pouvaient entretenir avec les suspects interpellés en Belgique" a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Parmi les trois interpellés se trouve un homme de 54 ans, nommé Merhad A., arrêté samedi après-midi à Villepinte, selon une source proche du dossier. Les deux autres ont été arrêtés dans la région de Senlis (Oise). Deux personnes ont été relâchées ce lundi soir, une est encore en garde à vue. 

Un diplomate iranien, contact du couple, a également été interpellé en Allemagne. Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans cinq localités en Belgique. Aucune information n'a été communiquée sur leurs résultats.
 

Qui était visé ?

Le couple est soupçonné d'avoir voulu commettre un attentat à la bombe lors d'un rassemblement organisé, samedi à Villepinte, près de Paris, par les Moudjahidine du Peuple Iranien (MEK), un parti d'opposition interdit en Iran. Près de 25.000 personnes y ont assisté "dont une centaine de personnalités, des parlementaires, des maires de France, [mais aussi ] d'Europe et des Etats-Unis" précise Afchine Alavi, porte-parole et membre du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), fondé par un ancien chef des Moudjahidine du peuple réfugié en France. 

Deux personnalités proches du président américain Donald Trump, l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich et l'ancien maire de New York Rudy Giuliani faisaient notamment partie des invités. 

Créée en 1965 avec pour objectif de renverser le régime du chah, puis la République islamique, les Moudjahidine du Peuple Iranien sont une organisation d'inspiration marxiste qui se présente comme "musulmane, démocrate et laïque". Elle a été retirée en janvier 2009 de la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, et en septembre 2012 de la liste américaine.

Pourquoi l'Iran dénonce un "stratagème" visant à lui nuire ?

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a accusé ce lundi Téhéran d'être derrière le projet d'attentat. Selon Afchine Alavi , "c’est une tentative de la part d'un régime aux abois contre tout ce qui s'oppose à lui (...) la résistance iranienne, à maintes reprises, a mis en garde les pays européens contre des préparatifs d’attentats terroristes de la part, à la fois, des diplomates du régime, des agents du ministère des renseignements et des gardiens de la Révolution."

Des accusations rejetées par le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter qui évoque un "stratagème" visant à nuire à la République islamique d'Iran. "L'Iran condamne sans équivoque toute forme de violence et de terrorisme, où que ce soit, et est prêt à travailler avec toutes les parties concernées pour dévoiler ce qui est un stratagème sinistre mené sous une fausse bannière", a écrit M. Zarif.

"Comme c'est pratique. Juste au moment où nous entamons une visite présidentielle en Europe, une opération iranienne présumée et ses conspirateurs sont mis en échec", a ajouté le chef de la diplomatie iranienne, qui accompagne le président iranien Hassan Rohani dans sa visite officielle en Suisse entamée lundi après-midi.

La visite en Europe du président Rohani est destinée à permettre la survie de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015 dont les Etats-Unis se sont retirés en mai. Un accord que les Moujahidine du peuple ont toujours dénoncé.