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Des questions après la garde à vue d'un couple suite à la mort de son bébé le 1er janvier à Toulon

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Par , France Bleu Provence

Un couple de parents a été placé en garde à vue le 1er janvier après la mort de son bébé à Toulon. Une garde à vue de 48h sur décision du parquet pour une suspicion d'infanticide. L'autopsie pratiquée en début de semaine démontre qu'il n'y a pas eu de violences. Une mort naturelle est privilégiée.

Le tribunal judiciaire de Toulon (illustration)
Le tribunal judiciaire de Toulon (illustration) © Radio France - C. MARQUES

Un couple de parents, âgés de 34 et 40 ans a été placé en garde à vue le 1er janvier après la découverte à leur domicile de Toulon de leur nourrisson mort. La garde à vue a duré 48 heures sur décision du parquet pour une suspicion d'infanticide. Une information judiciaire a été ouverte en recherche des causes de la mort. Le couple n'a pas été mis en examen, mais placé sous le statut de témoin assisté. 

Les résultats de l'autopsie effectuée en début de semaine démontrent avec certitude que cet enfant n'a pas subi de violences. Il pourrait-être décédé de la mort subite du nourrisson.

Lorsque le père et la mère se rendent dans la chambre joliment aménagée de leur bébé, ils ne le savent pas encore mais leur vie va basculer dans l'horreur. Les idées encore embrumées du réveillon de la veille, que le couple a passé en famille, les parents ne perçoivent pas tout de suite que leur bébé est mort, ils pensent à un malaise. Le père, dans la panique maladroitement, effectue un massage cardiaque, mais avec sa main entière, et non pas avec les deux doigts comme cela est préconisé à cet âge-là. Un geste lourd de conséquences pour la suite car il va marquer physiquement le corps du bébé âgé de deux mois. Puis la mère, pensant qu'il s'est étouffé avec quelque chose, le met en position latérale de sécurité et lui donne des tapes dans le dos. Rien n'y fait. Forcément.

Les secours arrivent. La médecin urgentiste, plutôt jeune, voit ces fameuses traces sur le torse du bébé et les interprète comme des violences. Elle alerte directement le parquet. L'enfant est emmené. Le parquet demande alors aux policiers de placer le couple en garde à vue pour une suspicion d'infanticide. Jusque là, rien d'anormal. C'est la suite logique. La magistrate de permanence se base pour prendre sa décision sur des éléments factuels : le couple est alcoolisé et l'enfant présente des traces que la médecin urgentiste trouve suspectes. Mais ce qui étonne, c'est la durée de la garde à vue. 

"48 heures, le délai maximum"

Car le couple est en effet resté 48 heures en garde à vue. Même si un médecin légiste, bien plus expérimenté, présent au moment de la levée du corps, et qui examine le bébé, ne voit rien d'évident, contre-disant ainsi sa consœur. La garde à vue commence donc. 

En France, il existe un protocole de mort inattendue du nourrisson. Il prévoit de réaliser de nombreux examens, comme des prélèvements de sang, avant de pratiquer l'autopsie. Autopsie qui pourrait répondre avec certitude à la question des violences et lever des doutes. Cet examen si spécifique n'est plus pratiqué dans le Var depuis quelques années maintenant. Les corps sont envoyés à Marseille. Mais nous sommes le 1er janvier 2021. "Impossible de réaliser l'examen dans le week-end" indique le service de la Timone. Malgré tout, la magistrate ordonne le prolongement de la garde à vue. Et les parents vont passer les deux premiers jours de l'année dans une cellule.

À l'issue des 48 heures, le délai légal étant écoulé, le couple est présenté à un magistrat instructeur qui les place sous le statut de témoin assisté. Le parquet a en effet décidé d'ouvrir une information judiciaire en recherche des causes de la mort et de confier l'affaire à un juge d'instruction. Magistrat qui néanmoins a estimé alors, considérant les éléments du dossier, que les charges n'étaient pas suffisantes pour une mise en examen. 

L'autopsie pratiquée en ce début de semaine, écarte toute forme de violence même "si l'attitude des parents n'est pas le comportement normal de parents attentionnés" selon le procureur de la République de Toulon. L'hypothèse du bébé secoué est aussi écartée. 

Beaucoup trop de précautions ? Pas assez d'expérience de certains intervenants ? Manque d'écoute ? "Chacun a sa petite part de responsabilité. Le problème c'était qu'on était le 1er janvier. Ca ne se serait pas passé comme cela un autre jour" commente un habitué de la matière. En tout cas, une "double peine" pour ce couple dévasté après la perte d'un enfant qualifié "d'espéré" par un connaisseur du dossier. 

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