Faits divers – Justice

Un couple à la dérive devant les assises de Haute-Loire

Par Yves Renaud, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu Saint-Étienne Loire mardi 4 octobre 2016 à 21:25

la psychologie de ce couple dissequée par les experts
la psychologie de ce couple dissequée par les experts © Radio France - yves renaud

Une mère de famille de 42 ans est poursuivie pour avoir tué deux de ses nouveaux nés en 2005 et 2012 à Saint-Romain-Lachalm. Son compagnon comparait pour non assistance à personne en danger. Tous deux ont comparu mardi devant la cour d'assises de Haute-Loire au Puy-en-Velay.

Mardi, lors de la première journée d’audience, les experts se sont succédés à la barre pour cerner la personnalité des deux accusés. Dans cette famille d'agriculteurs de Saint-Romain-Lachalm (Haute-Loire), cette femme, sous la coupe d’un homme violent qui ne sait pas contrôler ses accès de colère et qui la bat régulièrement, même s'il dit le regretter après coup. Petit à petit, l’isolement s'installe dans une vie où il n’y a que le travail dans la ferme qui compte. L’accusée le dit elle-même : le seul rayon de soleil de sa vie ce sont les quatre enfants nés de cette union, elle supporte les humiliations pour protéger un peu leur bonheur.

→ À lire aussi : Le double infanticide de Saint-Romain-Lachalm devant la cour d'assises de Haute-Loire

La dernière experte à la barre soulève pourtant une vraie question à son égard, plutôt que de tuer les enfants qui sont nés alors qu’elle ne les voulait pas :

"Il aurait mieux valu avorter, divorcer ou fuir ce compagnon qui la rendait malheureuse mais elle n’en avait pas le ressort "

L’avocat de la défense vient au secours de sa cliente

Elle a pleinement conscience du naufrage de sa vie et de son couple, mais n’a sans doute pas le ressort de réagir. "Seule, isolée, coupée de sa famille et travaillant 15 heures par jour, vous iriez le chercher où ce ressort ?", questionne l'avocate de la défense. Restent les faits dont le couple à répondre : en 2005 et 2012, juste après l’accouchement, seule, dans sa salle de bains, elle décide, selon le même schéma, d’étouffer les bébés. Là pas encore de réponse. La suite de l’audience ce mercredi et jeudi lui permettra peut-être de se libérer de ce poids.

la  salle de la cour d'assises du Puy en Velay  - Radio France
la salle de la cour d'assises du Puy en Velay © Radio France - yves renaud

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